La cimenterie de Natien dispose désormais d’une capacité annuelle d’un million de tonnes, appelée à tripler. Dans le même temps, Gao subit une rupture d’approvisionnement et des prix dépassant 200 000 FCFA la tonne, révélant un problème de distribution autant que de production.
La cimenterie CIMAF de Natien, dans la région de Sikasso, produit depuis le 23 mars 2026. Sa capacité actuelle atteint un million de tonnes par an et devrait passer à trois millions de tonnes à l’horizon 2027-2028, selon les informations communiquées lors d’une visite ministérielle effectuée le 28 août.
Le projet représente un investissement estimé à 56 milliards de FCFA, dont 35 milliards consacrés à l’usine et 21 milliards à la logistique et au parc roulant. Environ 250 emplois directs et 1 500 emplois indirects sont annoncés par ses promoteurs.
Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, affirme que le Mali compte désormais six unités cimentières, contre trois en 2021, pour une capacité installée totale de 5,5 millions de tonnes. Les besoins nationaux sont estimés à environ six millions de tonnes par an. Selon lui, l’autonomie de production pourrait être atteinte dès 2027.
Ces données portent toutefois sur les capacités des installations. Elles ne renseignent pas, à elles seules, sur les quantités effectivement produites ni sur leur acheminement vers toutes les régions.
La rupture persiste à Gao
À Gao, il a été constaté une pénurie de ciment depuis environ deux mois. Les prix observés se situent entre 210 000 et 215 000 FCFA la tonne, tandis que le sac de 50 kilogrammes est vendu jusqu’à 11 000 FCFA. Il s’agit de relevés et de témoignages locaux, non d’une moyenne officielle nationale.
Des opérateurs attribuent la rupture à l’arrêt des exportations nigériennes vers le nord du Mali et aux difficultés de circulation sur les axes Niger-Gao et Algérie-Gao. Aucun communiqué nigérien directement consultable ne précise cependant la portée ou la durée de cette suspension.
Les transporteurs interrogés évoquent également la hausse du fret, l’insécurité et des prélèvements illicites sur les itinéraires. La raréfaction du ciment ralentit les chantiers et affecte les maçons, manœuvres et ouvriers chargés du déchargement.
Le directeur régional du Commerce estime que l’approvisionnement de Gao par les cimenteries maliennes constituerait la solution la plus durable. Le contraste entre Natien et Gao montre ainsi que l’augmentation de la production devra s’accompagner d’un réseau logistique sécurisé et de circuits commerciaux capables de desservir le Nord à un coût supportable.



