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Viande : les étals sous pression

Viande : les étals sous pression

Des bouchers interrogés à Bamako, Bafoulabé et Koulikoro signalent un bétail plus coûteux et des approvisionnements difficiles. Ces constats locaux confirment une tension déjà observée au printemps, sans permettre encore de mesurer son ampleur nationale.

L’accès à la viande devient plus difficile sur plusieurs marchés, selon des témoignages recueillis le 27 août par Studio Tamani à Bamako, Bafoulabé et Koulikoro. Des étals sont moins fournis, tandis que le prix d’achat des animaux réduit les marges des bouchers.

Un vendeur affirme qu’un bœuf acquis à 620 000 FCFA a entraîné une perte de 45 000 FCFA après l’abattage. Un autre explique qu’un animal payé 500 000 FCFA n’aurait fourni qu’environ 100 kilogrammes de viande commercialisable. Ces montants illustrent des situations particulières et ne constituent pas des moyennes nationales.

Le président de l’Interprofession de la filière bétail-viande, Mamoudou Diallo, reconnaît des difficultés d’approvisionnement. Il estime que le retour des animaux partis en transhumance pourrait améliorer l’offre.

Il propose également l’aménagement de parcs et de points de vente sécurisés à proximité des grandes agglomérations. L’objectif serait de rapprocher les éleveurs des acheteurs et de réduire le nombre d’intermédiaires.

Dans l’attente d’une éventuelle détente, certains consommateurs interrogés disent remplacer davantage la viande rouge par du poisson ou du poulet.

Des données encore incomplètes

Les dernières statistiques nationales disponibles ne permettent pas de chiffrer précisément la hausse actuelle de la viande. L’Indice harmonisé des prix à la consommation a progressé de 1 % en juillet pour atteindre 109,2, mais cet indicateur global ne mesure pas à lui seul l’évolution récente du prix de la viande.

En mars, l’Institut national de la statistique avait néanmoins enregistré une augmentation mensuelle de 2,9 % pour la viande fraîche, réfrigérée ou congelée. Ce résultat, antérieur de plusieurs mois aux témoignages actuels, confirme que les tensions ne sont pas apparues cette semaine.

Le gouvernement avait réuni les acteurs de la filière le 20 avril. Les échanges avaient notamment porté sur la réorganisation des circuits d’approvisionnement, la localisation des marchés à bétail et le coût de l’aliment pour animaux.

La multiplication des points de vente peut améliorer la circulation du bétail, mais elle ne suffira pas si les coûts d’élevage, de transport et d’abattage restent élevés. Un relevé régulier des prix des animaux, de la viande au détail et des volumes disponibles permettrait de distinguer une tension saisonnière d’un déséquilibre plus durable.