En signant la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique, le Mali place officiellement la jeunesse au cœur de sa réponse environnementale. Cet engagement intervient alors que 3,2 millions d’enfants figurent parmi les personnes ayant besoin d’assistance dans un pays durement frappé par les chocs climatiques et humanitaires.
Le Mali a franchi un cap diplomatique et social avec la signature, le 2 avril 2026 à Bamako, de la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique, un cadre international soutenu par l’UNICEF, YOUNGO et la coalition CERI. Par cet acte, les autorités s’engagent à intégrer les droits, la protection et la participation des enfants et des jeunes dans les politiques nationales liées au climat.
Cette décision prend une résonance particulière au regard des chiffres les plus récents. Selon l’appel humanitaire 2026 de l’UNICEF, 5,9 millions de personnes ont besoin d’assistance au Mali, dont 3,2 millions d’enfants. Les besoins restent particulièrement élevés dans l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé et à la protection.
Les effets du dérèglement climatique aggravent directement cette vulnérabilité. Plus de 3,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance d’urgence en eau et assainissement, tandis que 2 320 fermetures d’écoles perturbent la scolarité de 696 000 enfants. Les épisodes de sécheresse, les inondations, la dégradation des terres et les déplacements forcés accentuent la fragilité des familles, notamment dans des régions comme Mopti, Gao et Ménaka, où les sécheresses, les inondations saisonnières et les déplacements aggravent déjà la pression sur les écoles, l’eau et les services de santé.
Cette vulnérabilité se répercute également sur la nutrition, plusieurs zones du centre et du nord restant exposées à l’insécurité alimentaire et aux perturbations des moyens de subsistance.
À l’échelle mondiale, l’UNICEF estime qu’un milliard d’enfants vivent dans des pays exposés à un risque climatique extrêmement élevé. Le Mali figure parmi les pays sahéliens où la crise environnementale se traduit déjà par des conséquences directes sur la nutrition, l’accès à l’eau, la santé et la continuité scolaire.
Les prochains mois seront déterminants pour savoir si cet engagement se traduira par des programmes ciblés dans les écoles, l’accès à l’eau, la protection sanitaire et la participation des jeunes aux politiques climatiques.
La portée réelle de cette signature se mesurera désormais à la mise en œuvre d’un plan d’action chiffré, réaliste et mesurable, annoncé par les partenaires, afin que cet engagement diplomatique se traduise par des changements concrets dans la vie quotidienne des enfants et des jeunes maliens.




