Le Premier ministre Abdoulaye Maïga est attendu lundi 24 août à Alger, porteur d’un message du président Assimi Goïta à son homologue Abdelmadjid Tebboune. Cette visite doit donner un contenu politique à la normalisation engagée en juillet après plus d’un an de tensions.*
Abdoulaye Maïga se rendra en Algérie à l’invitation du Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, selon une annonce de la Primature relayée samedi 22 août par l’Agence malienne de presse. Son programme prévoit une audience avec le président Abdelmadjid Tebboune ainsi qu’une séance de travail avec son homologue algérien.
L’invitation avait été formulée le 9 août, lors d’un entretien téléphonique entre les deux chefs de gouvernement. Alger et Bamako avaient alors évoqué leur volonté de renforcer les relations bilatérales dans un esprit de souveraineté, de respect mutuel et de non-ingérence.
Aucun accord sectoriel n’a été annoncé avant le déplacement. Les entretiens devraient cependant permettre aux deux parties de préciser leurs priorités communes dans une relation qui touche directement la circulation transfrontalière, les échanges commerciaux et les équilibres sécuritaires au Sahara.
Après la crise du drone
Cette visite intervient moins de sept semaines après le retour des ambassadeurs dans leurs postes respectifs et la réouverture, le 10 juillet, de l’espace aérien algérien aux vols en provenance ou à destination du Mali.
La relation s’était fortement dégradée après la destruction, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, d’un drone malien près de Tinzaouatène. Alger avait affirmé que l’appareil avait pénétré son espace aérien, version rejetée par Bamako, qui avait dénoncé un acte hostile. Les pays de la Confédération des États du Sahel avaient rappelé leurs ambassadeurs en Algérie, avant une mesure réciproque d’Alger.
Ce différend avait aggravé les tensions apparues après la décision malienne, en janvier 2024, de mettre fin à l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
Le 8 août, Abdoulaye Maïga avait assuré qu’il n’existait aucune rupture diplomatique entre les deux pays et évoqué une « convergence totale de vues » sur la nécessité de relancer leur coopération.
Le déplacement du 24 août constituera le premier test politique important de cette détente. Sa portée dépendra des décisions prises, de la réactivation éventuelle des mécanismes bilatéraux et du calendrier de mise en œuvre convenu par les deux gouvernements.



