Trois cent quarante-cinq maisons et greniers ont été reconstruits dans les Falaises de Bandiagara, avec neuf togunas également réhabilités. Présentés cette semaine lors d’un atelier de capitalisation, ces résultats proviennent d’un projet engagé plusieurs années auparavant.
Réunis mercredi 2 septembre au gouvernorat de Bandiagara, responsables publics, représentants de l’UNESCO et communautés bénéficiaires ont dressé le bilan du projet de reconstruction du patrimoine bâti du Pays dogon.
La rencontre a été annoncée localement comme une cérémonie de lancement. Les documents de l’UNESCO montrent toutefois que le programme a été lancé en 2021, avant sa mise en œuvre sur le terrain à partir de 2022. Sa première phase était prolongée jusqu’en juin 2026.
Le bilan détaillé fait état de 170 maisons, trois maisons traditionnellement réservées aux femmes pendant leurs menstruations et 172 greniers reconstruits. Neuf togunas, lieux de palabre et de concertation communautaire, ont aussi été réhabilités dans les villages bénéficiaires.
Classées au patrimoine mondial depuis 1989, les Falaises de Bandiagara regroupent 289 villages. À partir de 2019, les violences dans la région de Mopti ont entraîné la destruction partielle ou totale de plusieurs localités, touchant des habitations anciennes, des greniers et des espaces communautaires.
Transmission
Financé par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine, le projet ne s’est pas limité aux bâtiments. Des jeunes ont été formés aux techniques traditionnelles de construction afin de préserver les savoir-faire locaux et de soutenir l’activité des artisans.
Vingt tonnes de céréales ont également été distribuées aux communautés confrontées à l’insécurité alimentaire. Des activités génératrices de revenus destinées notamment aux femmes ont accompagné les chantiers. L’orchestre régional de Bandiagara a reçu des instruments de musique.
La rencontre du 2 septembre a aussi accueilli l’exposition « Pays dogon : patrimoine entre défis et résilience ». Des échanges ont porté sur la préparation du Sigui 2027, grande cérémonie culturelle dogon. Les participants ont proposé la création d’une commission régionale chargée de préciser son itinéraire et les villages concernés.
Une seconde phase est annoncée pour 2026-2028. Elle doit traiter les effets du changement climatique, renforcer le suivi communautaire et prolonger la mise en valeur du site. Après la reconstruction, la continuité de l’entretien et la transmission des techniques locales détermineront la durée réelle des résultats obtenus.



