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Éducation : 48 milliards pour les lycées

Éducation : 48 milliards pour les lycées

Le gouvernement a engagé la ratification d’un prêt de 48 milliards de FCFA destiné à renforcer les infrastructures scolaires. Cette première phase prévoit de nouveaux lycées, des salles de classe, des instituts de formation des maîtres et la rénovation du lycée Askia Mohamed.

Le Conseil des ministres du 17 juillet 2026 a adopté les textes relatifs à l’accord signé le 3 juillet à Ouagadougou entre le Mali et la Banque ouest-africaine de développement.

Le financement avait été approuvé le 26 juin par le Conseil d’administration de la BOAD. Il doit permettre la construction et l’équipement de 15 lycées publics, la création de 125 salles de classe dans 12 établissements existants et la réalisation de cinq Instituts de formation des maîtres. Le projet comprend également 13 398 tables-bancs et la rénovation du lycée Askia Mohamed de Bamako.

La BOAD estime que ces investissements créeront plus de 43 500 places dans l’enseignement secondaire général et 5 500 autres dans les filières techniques, professionnelles et classiques. Elle prévoit aussi 3 500 emplois directs pendant les travaux et plus de 850 emplois par an lorsque les établissements seront en activité.

Une capacité d’accueil à répartir

La prochaine information attendue concerne la localisation exacte des infrastructures. Les communes retenues pour accueillir les 15 nouveaux lycées, les 12 établissements à agrandir et les cinq instituts de formation détermineront la portée territoriale réelle du programme.

Cette répartition devra tenir compte de la croissance des effectifs, de l’éloignement des établissements, de l’accueil des populations déplacées et des difficultés rencontrées par les élèves des zones rurales pour poursuivre leurs études après le fondamental.

Le projet avait été présenté en mars dans un périmètre plus large. Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, avait alors évoqué la rénovation de trois anciens établissements de Bamako, le lycée Askia Mohamed, le lycée Bah Aminata Diallo et le Lycée technique, ainsi que la construction de centres de formation professionnelle. Le financement de la première phase signé avec la BOAD mentionne pour l’instant le seul lycée Askia Mohamed et cinq instituts de formation des maîtres. Les prochaines phases devront préciser la place réservée aux deux autres lycées et aux centres professionnels.

L’investissement intervient dans un système éducatif fortement éprouvé par l’insécurité et les déplacements. À la mi-2025, 2 036 écoles étaient fermées, affectant plus de 610 000 élèves et environ 12 000 enseignants. Les inondations de 2024 avaient également endommagé ou détruit plus de 600 établissements scolaires.

Les nouveaux lycées ne régleront pas directement la fermeture des écoles dans les zones de conflit, mais ils peuvent alléger les effectifs dans les localités qui accueillent de nombreuses familles déplacées et rapprocher l’enseignement secondaire de communes encore insuffisamment desservies.

Des bâtiments à faire vivre

La construction des établissements ne constituera qu’une partie de l’effort. Chaque nouveau lycée aura besoin de professeurs, de personnel administratif, de laboratoires, de bibliothèques, d’eau, d’électricité, de sanitaires et de ressources durables pour l’entretien.

La réalisation des cinq instituts de formation des maîtres peut contribuer à renforcer le personnel enseignant. Leur efficacité dépendra toutefois des filières proposées, du nombre de formateurs disponibles et de l’affectation effective des diplômés dans les établissements qui en ont le plus besoin.

Le programme est lancé alors que le nombre de candidats au baccalauréat connaît une forte baisse. Ils étaient 146 206 en 2026, contre plus de 230 000 en 2024, soit un recul de plus de 88 000 candidats en deux ans. Cette diminution est notamment attribuée à l’insécurité, au dysfonctionnement des écoles rurales et au découragement de certains jeunes face aux difficultés d’insertion professionnelle.

L’objectif ne sera donc pas seulement d’offrir davantage de places, mais de permettre à un plus grand nombre d’élèves d’atteindre le lycée, d’y rester et d’achever leur formation. La BOAD projette l’insertion de 272 000 diplômés à l’horizon 2055, une perspective qui dépendra autant de la qualité des apprentissages et de l’adaptation des filières que des infrastructures elles-mêmes.

Les 48 milliards seront surtout jugés à l’aune des établissements réellement construits, de leur localisation, du respect des délais et des conditions dans lesquelles ils fonctionneront. Les familles attendent des lycées accessibles, bien équipés et dotés d’un nombre suffisant d’enseignants, afin que les nouvelles salles offrent de véritables conditions d’apprentissage.