Dernieres nouvelles
Aucune nouvelle active pour le moment.

Aide filmée : le consentement à encadrer

Aide filmée : le consentement à encadrer

L’Ordre des médecins précise qu’il ne s’oppose pas aux initiatives d’aide sociale relayées par les médias. La législation malienne impose néanmoins un consentement éclairé et une utilisation proportionnée des images et informations concernant les bénéficiaires.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins du Mali a clarifié, dimanche 30 août, sa position sur les actions d’assistance sociale diffusées par les médias et les web-TV.

Cette mise au point fait suite aux réactions provoquées par une intervention de son président, le docteur Abdoulaye Kamissoko. L’Ordre présente ses excuses pour les incompréhensions suscitées et affirme ne pas être opposé aux initiatives privées de solidarité médiatisées. Il demande toutefois qu’elles respectent les valeurs sociales et les textes en vigueur.

L’institution a également dénoncé un document attribué à de supposés « élus ordinaux », appellation qui n’existerait pas dans ses textes. Elle confirme qu’Abdoulaye Kamissoko demeure son président.

Amina Dicko, présidente de l’association Solidaris 223, estime que la médiatisation peut parfois aider à mobiliser des donateurs, à condition que la personne concernée y consente et que sa dignité soit préservée.

Consentement

La loi malienne du 21 mai 2013 sur les données personnelles définit le consentement comme une volonté expresse, libre, spécifique, non équivoque et informée. Elle considère comme traitement la collecte, l’enregistrement ou la diffusion d’images, de sons et d’informations permettant d’identifier une personne.

Le texte classe les données relatives à la santé et aux mesures d’ordre social parmi les données sensibles. Il pose un principe de protection renforcée et exige que les informations utilisées soient pertinentes, proportionnées et limitées à la finalité annoncée.

En pratique, accepter une caméra ne devrait donc pas se réduire à une autorisation donnée dans l’urgence. Le bénéficiaire doit pouvoir comprendre où les images seront diffusées, quelles informations seront révélées et combien de temps elles pourront rester accessibles. La prudence doit être renforcée lorsque des enfants, des malades ou des personnes fortement dépendantes de l’aide sont concernés.

Masquer les visages, éviter de montrer des dossiers médicaux, limiter les détails sur la maladie ou la situation familiale et recueillir l’accord du représentant légal d’un mineur peuvent réduire les risques d’exposition inutile. Le refus d’être filmé ne devrait pas non plus priver une personne de l’assistance proposée.

La clarification de l’Ordre autorise ainsi la poursuite des actions de solidarité, sans donner un blanc-seing à leur médiatisation. Un guide commun élaboré avec l’Autorité de protection des données aiderait désormais les associations, médecins et web-TV à appliquer les mêmes garanties.