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Handicap : la ville inclusive passe par les budgets

Handicap : la ville inclusive passe par les budgets

Les autorités veulent intégrer le handicap à chaque loi, budget et investissement territorial d’ici 2030. Le séminaire national tenu vendredi à Bamako a fixé trois priorités, dont le financement et le calendrier doivent encore être détaillés.

Faire de l’accessibilité un critère ordinaire de l’action publique. C’est l’orientation présentée vendredi 4 septembre lors d’un séminaire national sur le développement urbain inclusif et résilient.

La rencontre a réuni la Direction nationale du développement social, deux fédérations représentant les personnes handicapées et le Fonds des Nations unies pour l’enfance. Elle devait tirer les premiers enseignements du projet pilote « Mopti, ville inclusive ».

Trois priorités ont été énoncées par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Abdoulaye Guindo. Elles concernent l’intégration du handicap dans les politiques publiques, la participation des personnes concernées à la gouvernance urbaine et l’orientation des investissements vers des infrastructures accessibles.

Selon le responsable, cette prise en compte doit devenir systématique lors de la préparation des lois, des budgets et des politiques sectorielles. Le représentant du Fonds des Nations unies pour l’enfance, Waleed Rashwan, a cité les barrières physiques, sociales, institutionnelles et comportementales qui limitent encore la participation des personnes handicapées.

Application

Le Mali dispose déjà d’une loi adoptée en juin 2018 pour promouvoir et protéger les droits des personnes vivant avec un handicap. Son décret d’application date de septembre 2021.

Dans un rapport transmis en 2025 au Comité des Nations unies chargé de ces droits, le gouvernement mentionnait notamment l’installation de rampes dans les nouveaux bâtiments judiciaires et l’adoption d’un modèle accessible pour les constructions de la Protection civile. Ces mesures restent sectorielles et ne permettent pas de mesurer l’accessibilité de l’ensemble des services publics.

Appliquer la nouvelle orientation suppose d’intégrer ces besoins dès la conception des écoles, centres de santé, voies, toilettes publiques, moyens de transport et systèmes d’alerte. Une adaptation réalisée dès le départ coûte généralement moins cher qu’une correction après les travaux.

Le projet pilote de Mopti, soutenu par le Fonds mondial pour le handicap et la coopération allemande, doit servir de référence. Le compte rendu du séminaire ne détaille cependant ni ses réalisations matérielles, ni le nombre de bénéficiaires, ni les enseignements appelés à être étendus aux autres villes.

Pour suivre les engagements jusqu’en 2030, il faudra désormais publier des normes communes, des lignes budgétaires identifiables et des objectifs annuels. La participation des organisations de personnes handicapées à la préparation et au contrôle des aménagements constituera également un indicateur concret.