Le système officiel de surveillance épidémiologique a enregistré 27 cas confirmés de dengue au titre de la semaine du 17 au 23 août, contre 10 la semaine précédente. Cette progression appelle une intervention précoce, sans permettre à elle seule de conclure à une flambée nationale.
Vingt-sept cas confirmés de dengue ont été notifiés au Mali au titre de la semaine épidémiologique 34, couvrant la période du 17 au 23 août 2026. Le tableau de bord du ministère de la Santé en recensait 10 la semaine précédente.
La hausse atteint ainsi 170 %. Ce pourcentage est mathématiquement exact, puisque dix-sept cas supplémentaires ont été enregistrés par rapport à un niveau initial de dix. Il doit toutefois être lu avec le nombre brut afin de ne pas donner l’impression que des centaines de nouvelles infections ont été découvertes.
Les 27 cas ne résultent pas d’une estimation statistique. Ils correspondent aux cas classés comme confirmés et intégrés au système national de surveillance. Le ministère ne publie cependant pas, dans sa synthèse accessible au public, leur répartition régionale, le nombre total de cas suspects, le volume de prélèvements réalisés ou les méthodes de confirmation utilisées.
Il serait donc excessif de présenter ce chiffre comme une mesure complète de la circulation du virus dans la population. Des personnes asymptomatiques, des malades qui ne consultent pas ou des cas confondus avec le paludisme peuvent échapper au recensement. Le nombre réel d’infections peut être supérieur, sans qu’une estimation nationale suffisamment documentée soit actuellement disponible.
Le Conseil des ministres du 28 août a pris acte de l’augmentation des cas confirmés par rapport à la semaine précédente. Le président de la Transition a appelé la population à respecter les mesures de prévention et de lutte contre les maladies.
Hivernage
La dengue est transmise principalement par les moustiques Aedes. Contrairement à ceux qui transmettent le paludisme, ces moustiques piquent surtout pendant la journée. Ils se reproduisent dans les récipients, pneus, gouttières, caniveaux et objets pouvant retenir de petites quantités d’eau.
L’hivernage favorise leur prolifération. Les pluies remplissent les contenants abandonnés, tandis que l’obstruction des caniveaux et l’accumulation des déchets multiplient les gîtes à proximité des habitations.
Le Mali a déjà connu une circulation importante du virus. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 3 231 cas de dengue et trois décès avaient été rapportés entre le 1er janvier et le 28 avril 2024. Les sérotypes DENV-1 et DENV-3 circulaient alors dans le pays.
Cette expérience justifie une vigilance renforcée. Les services sanitaires doivent localiser rapidement les nouveaux cas, rechercher d’éventuels regroupements et intensifier la lutte contre les moustiques autour des zones concernées. La publication de données régionales permettrait aux collectivités et aux structures de santé d’adapter leurs interventions.
Diagnostic
La dengue et le paludisme peuvent commencer par des symptômes proches. Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, fatigue, nausées ou vomissements ne permettent pas toujours de distinguer les deux maladies sans examen médical et, lorsque cela est nécessaire, sans test.
Cette proximité peut retarder le diagnostic. Elle peut aussi réduire la qualité de la surveillance lorsque les tests ne sont pas disponibles ou que certains patients sont traités directement contre le paludisme.
La plupart des personnes atteintes de dengue guérissent en une à deux semaines. Des formes sévères peuvent néanmoins apparaître, parfois après la disparition de la fièvre. Une forte douleur abdominale, des vomissements persistants, une respiration rapide, des saignements, une faiblesse importante ou la présence de sang dans les vomissures ou les selles imposent une consultation urgente.
L’OMS recommande d’éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène lorsqu’une dengue est suspectée, car ils peuvent accroître le risque d’hémorragie. Le paracétamol peut soulager la douleur et la fièvre, suivant les recommandations d’un professionnel de santé.
Prévention
Dans les familles, la prévention passe par la couverture des réserves d’eau, le nettoyage régulier des récipients, l’élimination des objets retenant la pluie et la protection contre les piqûres pendant la journée. Les moustiquaires aux fenêtres, les vêtements couvrants et les répulsifs peuvent réduire l’exposition.
Ces précautions individuelles ne suffisent pas lorsque les eaux stagnantes et les dépôts d’ordures occupent l’espace public. Les communes, les services d’hygiène et les autorités sanitaires doivent assurer l’entretien des caniveaux, l’enlèvement des déchets et des opérations ciblées de lutte contre les gîtes larvaires.
Le passage de 10 à 27 cas confirmés constitue un signal de surveillance, pas la preuve d’une épidémie nationale de grande ampleur. Il offre surtout la possibilité d’agir tôt. Les prochaines données hebdomadaires permettront de déterminer si cette augmentation était ponctuelle ou si une tendance plus durable est en train de s’installer.



