Soixante-deux infirmiers et sages-femmes ont achevé deux années de formation clinique à Ténenkou. Le programme privilégie l’apprentissage au poste de travail afin que les compétences acquises puissent être immédiatement appliquées auprès des patients.
Trente-huit infirmiers et 24 sages-femmes ont reçu leurs certificats samedi 22 août à la Maison des jeunes de Ténenkou, dans la région de Mopti, selon l’Agence malienne de presse.
Le personnel a suivi pendant 24 mois un cursus de l’Académie de Médecins sans frontières. La formation portait sur les soins infirmiers cliniques de base ainsi que sur la santé des femmes et les soins obstétricaux.
Contrairement à une session ponctuelle organisée hors des structures sanitaires, le modèle de l’Académie MSF associe enseignement théorique, accompagnement clinique et mise en pratique sur le lieu de travail. Les participants poursuivent ainsi leur activité auprès des patients tout en bénéficiant d’un encadrement destiné à améliorer progressivement leurs gestes professionnels.
Les nouveaux certifiés exercent dans des structures appuyées par MSF. Leur formation doit renforcer la qualité des soins disponibles sans constituer, à elle seule, une augmentation du nombre d’agents en poste.
Une implantation progressive
L’Académie MSF a commencé ses activités au Mali à Koutiala en mars 2022, avant d’étendre son programme à Niono en mai 2023 puis à Ténenkou en 2024.
À Koutiala, 89 professionnels avaient achevé un parcours de deux ans. À Niono, 56 agents ont obtenu leur diplôme en 2025, tandis qu’une formation destinée à 41 membres des équipes chirurgicales devait se terminer en 2026, selon la présentation officielle du programme.
Cette progression montre une volonté d’installer la formation dans la durée plutôt que de multiplier des interventions isolées. Elle répond aussi à une difficulté fréquente dans les districts éloignés des grands centres hospitaliers : permettre aux soignants de se perfectionner sans quitter durablement leur lieu d’affectation.
À Ténenkou, les effets du programme devront être appréciés dans la pratique quotidienne, notamment par la qualité de la prise en charge, la continuité des soins et le maintien des professionnels formés dans les structures locales.
La remise des certificats marque donc l’achèvement du cursus, mais aussi le début d’une phase d’évaluation. L’enjeu sera de vérifier comment ces compétences s’intègrent au fonctionnement des centres de santé et si le dispositif peut être pérennisé ou étendu à d’autres personnels.



