Une cellule de six membres doit préparer le futur organe d’autorégulation des médias maliens. Elle dispose de 90 jours pour proposer ses statuts, son code d’éthique et un mécanisme de traitement des plaintes, sans se substituer à l’institution permanente encore à créer.
Le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a signé vendredi 28 août une décision instituant la Cellule de préfiguration de l’Organe d’autorégulation des médias, ou CPOAM.
Cette structure temporaire est présidée par Sadou Yattara, avec Daouda Konaté comme vice-président et Assa Sakiliba comme rapporteure. Mamadou Talata Maïga, Modibo Fofana et Sory Ibrahim Maïga complètent l’équipe.
Son mandat est fixé à 90 jours à compter de la signature de la décision. Il pourra être prolongé par une décision motivée, mais prendra fin plus tôt si le nouvel organe est installé avant l’échéance. La cellule doit se réunir au moins une fois par semaine.
La CPOAM n’est donc pas encore l’organe appelé à examiner les pratiques professionnelles des journalistes et des médias. Elle doit en préparer l’architecture, la dénomination, les compétences et les règles de fonctionnement.
Un organe encore à construire
Parmi les documents attendus figurent un texte fondateur, un règlement intérieur et un code d’éthique et de déontologie. La cellule doit également définir les procédures de saisine, d’examen des plaintes, de médiation et de traitement des manquements professionnels.
Elle devra consulter les différentes composantes du paysage médiatique et proposer des garanties d’indépendance, d’impartialité, de représentativité et d’inclusivité. Son travail associera notamment les organisations professionnelles, la Haute Autorité de la Communication et les ministères chargés de la Communication et de la Justice.
L’autorégulation repose sur des règles élaborées et appliquées par la profession. Elle ne supprime pas les compétences légales de la Haute Autorité de la Communication. Les discussions engagées en 2025 présentaient les deux mécanismes comme complémentaires : le premier traite prioritairement les questions éthiques et professionnelles, tandis que le second demeure le régulateur institué par les textes.
Le financement constituera un test important. La décision prévoit que la Maison de la Presse fournira des moyens « dans la mesure de ses possibilités », tout en demandant à la cellule de concevoir un modèle compatible avec l’indépendance du futur organe.
Au terme des 90 jours, la réussite ne se mesurera donc pas seulement à la production de nouveaux textes. Elle dépendra de l’adhésion des rédactions, de la transparence des nominations et de l’existence d’un mécanisme de plainte réellement accessible au public.



