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Pupilles : 260 enfants sous protection

Pupilles : 260 enfants sous protection

Deux décrets accordent le statut de pupille de la Nation à 247 enfants de victimes d’attaques et celui de pupille de l’État à 13 enfants abandonnés. Cette reconnaissance ouvre des droits en matière de santé, d’éducation et de formation.

Le gouvernement a placé 260 enfants mineurs sous l’un des deux régimes de protection institués par la loi du 27 décembre 2016. Les décrets ont été adoptés vendredi 28 août en Conseil des ministres.

Le premier texte concerne 247 enfants dont les pères ont perdu la vie dans des attaques, des embuscades ou des explosions d’engins explosifs improvisés. Ils obtiennent la qualité de pupilles de la Nation.

Le second accorde le statut de pupilles de l’État à 13 enfants abandonnés ne disposant d’aucun substitut parental valable. Cette catégorie se distingue de la première par la situation familiale de l’enfant et par la responsabilité plus directe exercée par les services publics dans sa protection.

Les deux statuts donnent accès à la prise en charge des actes médicaux et des soins, des frais scolaires, de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Les bénéficiaires qui accèdent à l’enseignement supérieur peuvent également recevoir une bourse entière.

L’adoption ou le placement dans une institution spécialisée est prévu lorsque la situation de l’enfant l’exige. Cette possibilité concerne principalement les mineurs privés de cadre familial et ne signifie pas que tous les nouveaux pupilles seront placés en institution.

Du décret à la prise en charge

La reconnaissance officielle intervient par listes successives. En octobre 2024, un décret avait accordé le statut de pupille de la Nation à 225 enfants. Un autre groupe de 326 enfants avait été reconnu en octobre 2025, puis 31 nouveaux bénéficiaires en mars 2026.

L’identification et le suivi relèvent de l’Office national des Pupilles en République du Mali. Cette structure doit constituer les dossiers, délivrer les cartes, coordonner les interventions et veiller à l’application des droits reconnus.

Pour les 260 enfants concernés par les décisions du 28 août, le communiqué gouvernemental ne fournit cependant ni répartition géographique, ni calendrier de délivrance des cartes, ni budget correspondant à leur prise en charge.

Ces précisions permettront de vérifier que la reconnaissance administrative débouche rapidement sur l’inscription scolaire, l’accès aux soins et le versement des bourses. Le suivi doit également se poursuivre lors des changements d’établissement, des déplacements de famille ou du passage vers la formation professionnelle.

Les décrets créent donc des droits précis. Leur portée dépendra désormais de la continuité de l’accompagnement apporté à chaque enfant, au-delà de l’annonce de son admission au statut de pupille.