La campagne nationale de reboisement 2026 a été lancée, samedi 25 juillet, au Palais des Pionniers de Magnambougou, à Bamako. Les opérations doivent porter sur 21 millions de plants et couvrir 125 532 hectares à travers le pays.
Deux millions de plants doivent être mis en terre au cours des 72 premières heures de la campagne dans le District de Bamako, les régions, les cercles, les communes et les villages, selon les objectifs présentés lors de la cérémonie.
Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a donné le coup d’envoi de cette 32e édition au nom du président de la Transition, Assimi Goïta. La campagne se poursuivra pendant la saison des pluies sous le thème « La jeunesse au cœur de la citoyenneté environnementale pour un Mali plus vert et plus résilient ».
La ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Doumbia Mariam Tangara, a indiqué que 1 244 164 arbres avaient été plantés en 2025. L’objectif fixé pour 2026 porte ainsi sur une mobilisation beaucoup plus large des services publics, des collectivités, des organisations de jeunesse, des autorités traditionnelles et religieuses, de la société civile et du secteur privé.
Un Pacte national d’engagement a été signé avec plusieurs organisations socioprofessionnelles. La campagne comprend également le défi « Je plante mon arbre », qui invite les participants à assurer le suivi de leur plant, et le « Mur vert des Maliens », destiné à recenser et à présenter les actions conduites dans les différentes localités.
Le Premier ministre a insisté sur l’entretien des arbres après leur mise en terre. La ministre de l’Environnement a également indiqué que l’évaluation de la campagne devait porter sur le taux de survie des plants et pas uniquement sur leur nombre au moment de la plantation.
Une perte estimée à 100 000 hectares par an
Les autorités estiment que le Mali perd chaque année environ 100 000 hectares de formations forestières. Cette estimation, également reprise dans un rapport de la Banque mondiale fondé sur les données nationales, est associée aux défrichements agricoles, à l’exploitation du bois, aux feux de brousse, au surpâturage et à la variabilité climatique.
Le même rapport évaluait à plus de la moitié la part des terres maliennes touchées par une dégradation liée aux activités humaines, principalement dans les zones du centre et du sud. La disparition de la végétation affecte la fertilité des sols, les pâturages, les ressources en bois et les revenus des populations rurales.
La représentante résidente du Programme des Nations unies pour le développement, Evelyne Bamba, a réaffirmé l’appui des partenaires techniques et financiers aux programmes de restauration des terres et de lutte contre la désertification.
Le PNUD accompagne notamment un projet soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial le long du corridor malien de la Grande Muraille verte. Ce programme prévoit la restauration de 90 000 hectares de terres dégradées, l’amélioration des pratiques de gestion sur 75 000 hectares de paysages et des activités au bénéfice de 163 000 personnes. Ces objectifs relèvent d’un projet distinct, mais complémentaire de la campagne nationale.
Des plants ont été remis à des représentants des organisations de jeunesse, des faîtières professionnelles, des chefs de quartier, des autorités religieuses, du patronat et de la société civile. Le lancement national doit être suivi d’opérations locales pendant l’hivernage, période favorable à l’enracinement des jeunes arbres.
La campagne est placée sous le slogan « Un arbre pour chacun, un Mali vert pour tous ». Le suivi des plantations, leur protection et leur entretien pendant la saison sèche détermineront le nombre d’arbres effectivement établis à l’issue de cette 32e édition.



