Le Mali et la Côte d’Ivoire se sont accordés sur le tracé définitif de leur frontière commune. Cette avancée technique doit encore être consacrée par la signature d’un traité et suivie de la pose des bornes sur le terrain.
Réunis à Bamako du 21 au 25 août, les experts maliens et ivoiriens ont adopté par consensus le tracé de la frontière séparant les deux pays. Les travaux se sont déroulés dans le cadre de la quatrième rencontre de la Commission technique mixte chargée de sa matérialisation.
Les deux délégations ont également validé un avant-projet de traité de délimitation ainsi que le schéma du canevas de base qui guidera les futures opérations de démarcation et d’abornement.
L’accord s’appuie notamment sur les résultats d’une mission conjointe de reconnaissance technique menée du 12 au 19 avril dans la zone Pogo-Zégoua, principal point de passage routier entre le sud du Mali et le nord de la Côte d’Ivoire.
Cette étape permet aux deux États de disposer d’une lecture commune du tracé. Elle ne signifie toutefois pas que la frontière est déjà entièrement matérialisée : la délimitation fixe juridiquement la ligne, tandis que la démarcation consiste à la reporter physiquement sur le terrain à travers des repères et des bornes.
Un traité avant la fin de l’année
Les prochaines étapes annoncées concernent la signature du traité de délimitation par les deux gouvernements et la mise en place du canevas de base. Elles sont prévues avant la fin de l’année 2026, selon la communication officielle ivoirienne.
Le processus prolonge plusieurs années de concertation. Dès août 2021, une première réunion de la Commission mixte avait permis aux deux pays d’élaborer un plan d’action et de travailler sur un accord-cadre de coopération transfrontalière.
Pour les localités concernées, une frontière précisément matérialisée peut faciliter la gestion des terres, prévenir certains différends entre communautés et clarifier les responsabilités administratives. Elle peut également améliorer la coordination contre les trafics et les mouvements armés dans une zone stratégique pour les échanges.
L’accord n’entraîne cependant aucune modification immédiate des formalités douanières ni des conditions de circulation. Ses effets dépendront de la signature du traité, de l’installation effective des bornes et de la coopération entre les administrations présentes de part et d’autre de la frontière.



