Un groupe de 162 Maliens ayant choisi de quitter l’Algérie est arrivé jeudi à Bamako avec l’assistance de l’OIM. Après l’accueil d’urgence, leur réinsertion constitue désormais l’étape centrale du dispositif.
Cent vingt-cinq hommes, 27 femmes, cinq garçons et cinq filles composent le groupe arrivé le 20 août à l’aéroport international Modibo-Keïta. Les migrants ont été reçus par le ministère des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations.
Hébergés pendant trois jours à la Maison des Maliens de l’extérieur, à Niamakoro, ils doivent bénéficier d’une assistance immédiate, d’une écoute et d’une orientation. Cette phase permet notamment d’identifier les besoins médicaux, psychosociaux et économiques avant le retour dans les communautés d’origine.
Plusieurs personnes interrogées par l’Agence malienne de presse ont évoqué des conditions de séjour difficiles en Algérie. Wali Fomba, employé dans la construction depuis 2023, a attribué son départ à des problèmes avec la police. Salah Yattara a fait état de racisme, d’exploitation et de salaires impayés après quatre années de travail. Assetou Sidibé a cité la pénibilité de ses emplois et ses difficultés de logement. Ces récits constituent des témoignages individuels.
Réinsertion
Entre 2021 et 2025, plus de 200 jeunes migrants auraient bénéficié d’un programme national de réintégration financé par le budget de l’État, selon le chef de cabinet du ministère, Sidi Mohamed Koné. Certains ont créé des activités économiques qui emploient à leur tour d’autres personnes revenues de migration.
Rapporté aux 162 arrivants du 20 août, ce bilan montre l’ampleur des besoins que peut représenter un seul retour collectif. Les critères de sélection, les financements disponibles et le calendrier d’accompagnement de cette nouvelle cohorte devront être précisés.
À l’échelle régionale, l’OIM indique avoir aidé plus de 9 500 migrants présents en Algérie à regagner volontairement leur pays d’origine durant l’année 2025. Le dispositif comprend généralement l’organisation du voyage ainsi qu’une assistance susceptible de couvrir les dimensions économiques, sociales et psychosociales de la réintégration.
Pour les nouveaux arrivants, l’enjeu consiste désormais à transformer l’aide des premiers jours en accompagnement durable. Formation, accès à une activité génératrice de revenus et suivi dans les localités de retour détermineront largement la stabilité de leur réinstallation.



