Les Diaspora Impact Days 2026, organisés les 11 et 12 juin au Centre international de conférences de Bamako, ont réuni plus de 1 000 participants autour de l’investissement productif, de l’entrepreneuriat et du rôle économique des Maliens établis à l’étranger, selon les organisateurs.
Portée par Diaspor’Act, en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations au Mali, cette première édition a voulu créer un cadre de rencontre entre la diaspora, les investisseurs, les entrepreneurs, les institutions, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher. La rencontre s’inscrit dans la continuité du premier Forum international de la Diaspora et prépare la deuxième édition prévue du 16 au 18 juillet à Bamako.
L’objectif affiché est de favoriser l’émergence de projets structurants, de dynamiser l’investissement productif et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques au bénéfice du pays et de sa jeunesse. Les organisateurs entendent ainsi encourager le passage des transferts familiaux vers des mécanismes davantage orientés vers le financement d’entreprises, de PME et de projets à impact.
La rencontre a été marquée par des panels, des ateliers techniques, des rencontres B2B, des sessions de présentation de projets et des espaces de réseautage. Des investisseurs issus de la diaspora malienne et africaine, notamment venus de France, d’Autriche, d’Oman, de Guinée et du Sénégal, ont pris part aux travaux.
L’un des acquis de cette première édition est d’avoir associé l’événement à un travail préparatoire. Vingt porteurs de projets maliens ont bénéficié d’un Boot Camp d’un mois consacré à la préparation à l’investissement. À l’issue des sessions de présentation devant un jury composé d’experts nationaux et internationaux, sept projets jugés à fort potentiel ont été retenus pour poursuivre les échanges avec les investisseurs et partenaires.
Les secteurs représentés dans les échanges avec les investisseurs de la diaspora couvrent notamment la finance, l’agrobusiness, l’énergie, le BTP, les nouvelles technologies, le froid industriel, la climatisation et les services. Cette diversité traduit la volonté d’élargir la contribution économique de la diaspora, sans la limiter aux seuls transferts monétaires, en l’associant davantage au financement, au mentorat, à l’expertise et à la structuration de projets.
L’enjeu est important pour le Mali. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts personnels reçus par le pays ont atteint environ 1,09 milliard de dollars en 2024, soit un peu plus de 4 % du produit intérieur brut. Ces flux constituent une ressource majeure pour de nombreux ménages, mais leur orientation partielle vers des projets productifs pourrait aussi contribuer à la création d’emplois, au financement des petites entreprises et au développement de chaînes de valeur locales.
Le lancement du Club des 100 constitue l’un des points forts de l’événement. Présenté comme un réseau d’investisseurs, de chefs d’entreprise, d’entrepreneurs et de cadres de la diaspora, ce club vise à fédérer des profils capables d’accompagner le financement de PME et de startups à fort impact.
Pour prolonger les acquis de cette première édition, les organisateurs pourraient renforcer le suivi post-événement autour des projets sélectionnés. Un accompagnement en structuration financière, en formalisation juridique, en gouvernance, en accès au marché et en préparation aux échanges avec les investisseurs permettrait de consolider les discussions engagées à Bamako.
La publication progressive d’un portefeuille des projets retenus, avec leurs secteurs d’activité, leurs besoins de financement et leur niveau de maturité, pourrait également faciliter la mise en relation avec les investisseurs de la diaspora et les partenaires institutionnels.
Dans cette dynamique, le Club des 100 pourrait devenir un espace permanent de suivi, de mentorat et de mobilisation de financements autour des PME et startups à fort impact. Une telle approche permettrait de donner à l’initiative une continuité après les deux journées de rencontre et de renforcer son rôle comme plateforme de référence pour l’investissement de la diaspora au Mali.
Cette première édition constitue une initiative à saluer dans la mobilisation économique des Maliens établis à l’étranger. En réunissant entrepreneurs, investisseurs et institutions autour de projets identifiés, les Diaspora Impact Days ont donné un contenu plus opérationnel à l’engagement de la diaspora dans le développement du pays. La suite dépendra du suivi des projets retenus, de la structuration du Club des 100 et de la préparation du prochain Forum international de la Diaspora.



