Le Commissariat chargé des Activités minières a tenu, le 5 juin 2026 à Koulouba, la première session de son Comité technique. Cette réunion marque une étape dans la mise en œuvre de la réforme minière engagée par les autorités pour renforcer le suivi, la coordination et l’évaluation du secteur extractif.
Créé par le Code minier de 2023, le Commissariat chargé des Activités minières est rattaché à la Présidence de la République. Il a pour mission de contribuer à la cohérence de l’action publique dans le secteur minier, d’assurer le suivi des politiques engagées et de formuler des propositions d’orientation.
La session a été présidée par Hilaire Bébian Diarra, Commissaire chargé des Activités minières, nommé en janvier 2026 avec rang de ministre. Dans son intervention, il a rappelé les principaux défis du secteur, notamment la gouvernance, le respect des engagements des opérateurs, le contenu local, la protection de l’environnement et l’amélioration des retombées économiques.
Le Comité technique, institué par le décret du 30 décembre 2025 fixant l’organisation du Commissariat, est chargé d’examiner les dossiers techniques et stratégiques. Il doit renforcer la concertation entre les administrations concernées et formuler des recommandations destinées au Conseil stratégique présidé par le Chef de l’État.
Cette première session intervient dans le cadre de l’application du nouveau Code minier, qui porte à 35 % la participation cumulée de l’État et des intérêts nationaux dans les projets miniers, contre 20 % sous l’ancien régime. Le dispositif prévoit notamment une participation gratuite de l’État, une participation additionnelle possible et une part réservée aux investisseurs privés nationaux.
La mise en place du CCAM s’inscrit aussi dans le prolongement de l’audit du secteur minier lancé en 2023. À la suite de cette opération et des discussions avec les compagnies minières, le Mali a recouvré 761 milliards de FCFA d’arriérés auprès des opérateurs du secteur.
Le secteur minier reste l’un des piliers de l’économie nationale, principalement porté par l’or. Selon les données disponibles, la production industrielle d’or est passée de 66,5 tonnes en 2023 à environ 51 tonnes en 2024, dans un environnement marqué par les réformes, les différends avec certains opérateurs et les ajustements du cadre réglementaire.
Le CCAM est appelé à suivre ces évolutions et à appuyer les décisions publiques dans un secteur stratégique pour les recettes de l’État, l’emploi, la sous-traitance nationale, la protection de l’environnement et le développement des zones minières. Cette première session ouvre ainsi une phase de travail technique destinée à accompagner l’application de la nouvelle politique minière.



