La chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a rendu lundi 17 août son verdict dans le procès de Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et de Rokiatou Doumbia, connue sous les surnoms de Rose Poivron ou Rose Vie Chère. Tous deux ont été condamnés à dix ans de réclusion, dont trois avec sursis.
Cette décision correspond à sept années de détention ferme pour chacun des accusés. La Cour a également prononcé une amende de 240 000 francs CFA par personne et accordé un franc symbolique à l’État malien.
Les deux prévenus étaient poursuivis pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l’État pris dans ses institutions et ses gouvernants » au moyen des technologies de l’information et de la communication. Les qualifications définitivement retenues devront être précisées dans l’arrêt écrit.
À l’audience, Ras Bath et Rose Poivron ont rejeté les accusations. Leurs avocats ont plaidé l’acquittement et contesté l’existence d’une action concertée entre les deux personnalités.
Dossier
L’affaire porte notamment sur des interventions de Rose Poivron dans l’émission « Le Grand Dossier », animée par Ras Bath. Elle y abordait la hausse des prix, les délestages électriques et les difficultés quotidiennes rencontrées par les ménages.
L’accusation a considéré la répétition de ces propos comme une démarche coordonnée susceptible de discréditer les autorités et de provoquer des troubles. Rose Poivron a soutenu qu’elle cherchait à attirer l’attention sur la cherté de la vie, tandis que Ras Bath a défendu le caractère journalistique et l’intérêt public de ses émissions.
Le parquet avait requis dix ans ferme contre Ras Bath. Pour Rose Poivron, il avait demandé cinq ans ferme et cinq ans avec sursis. La Cour a finalement prononcé une peine identique contre les deux accusés.
Ras Bath avait été interpellé le 13 mars 2023 après ses propos sur la mort en détention de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Condamné dans une première procédure à 18 mois de prison, dont neuf avec sursis, il avait ensuite fait l’objet d’un nouveau mandat le 28 mars 2024.
La durée déjà passée en détention sera déduite de la partie ferme de la nouvelle peine. Les modalités précises de ce calcul devraient apparaître dans la décision écrite.



