Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé à une réforme profonde des institutions internationales lors de son intervention au sommet de l’Union africaine, le 14 février 2026 à Addis-Abeba. Il a défendu une gouvernance mondiale « plus juste et plus représentative », en insistant sur la place centrale de l’Afrique.
Avec 54 États membres sur 193 à l’ONU, l’Afrique ne dispose toujours d’aucun siège permanent au Conseil de sécurité. L’Union africaine réclame depuis 2005, à travers le Consensus d’Ezulwini, au moins deux sièges permanents avec droit de veto. António Guterres a estimé que cette situation n’était « plus défendable » dans un monde multipolaire.
Sur le plan économique, il a dénoncé les déséquilibres du système financier international. Selon les données du FMI et de la Banque mondiale, plus d’une vingtaine de pays africains sont en situation de surendettement ou à haut risque. Les États du continent empruntent à des taux bien plus élevés que les économies avancées, ce qui réduit leurs marges budgétaires et freine l’investissement.
Le secrétaire général a également insisté sur la justice climatique. L’Afrique représente moins de 4 % des émissions mondiales de CO₂, mais subit de plein fouet les effets du réchauffement. Il a appelé à un financement climatique accru et plus accessible pour soutenir l’adaptation et la résilience.
Sur le volet sécuritaire, António Guterres a salué les progrès enregistrés dans le financement des opérations africaines. En 2023, le Conseil de sécurité a adopté une résolution permettant un financement partiel des missions de paix de l’Union africaine par les contributions obligatoires de l’ONU, une revendication ancienne du continent.
Son intervention intervient dans un contexte de recomposition géopolitique marqué par la guerre en Ukraine, la rivalité entre grandes puissances et une affirmation croissante des positions africaines sur la scène internationale. Pour le chef de l’ONU, le multilatéralisme ne peut rester crédible sans une réforme structurelle intégrant pleinement les réalités africaines.




