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Mali–Algérie : retour des ambassadeurs et réouverture des espaces aériens

Mali–Algérie : retour des ambassadeurs et réouverture des espaces aériens

Le Mali et l’Algérie ont annoncé, vendredi 10 juillet 2026, le retour de leurs ambassadeurs respectifs ainsi que la réouverture de leurs espaces aériens. Ces mesures mettent fin aux rappels diplomatiques et aux interdictions de circulation aérienne décidés en avril 2025. 

Le Gouvernement de la Transition a annoncé le retour à Alger de l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali. Le communiqué n°2026-003 prévoit également la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination de l’Algérie. 

Alger a pris des décisions correspondantes. Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé la réouverture complète de l’espace aérien algérien au trafic malien. Le président Abdelmadjid Tebboune a, pour sa part, ordonné le retour à Bamako de Kamal Retieb, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Algérie auprès du Mali, à compter du 10 juillet. 

Les deux représentations diplomatiques retrouvent ainsi leurs ambassadeurs, tandis que les restrictions imposées aux vols entre les deux territoires sont levées. Les décisions publiées portent sur les relations diplomatiques et la circulation aérienne.

Des tensions antérieures à l’incident du drone

La dégradation des relations entre Bamako et Alger avait commencé avant l’incident aérien de 2025. En décembre 2023, le Mali avait rappelé son ambassadeur en Algérie pour consultations, après avoir accusé les autorités algériennes d’ingérence dans ses affaires intérieures et contesté des rencontres organisées avec des responsables de mouvements armés du nord. 

Le 25 janvier 2024, le Gouvernement de la Transition avait annoncé la fin, avec effet immédiat, de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Bamako avait invoqué le changement de position de certains signataires, les difficultés d’application du texte ainsi que des actes d’hostilité et d’instrumentalisation attribués aux autorités algériennes. Alger avait exprimé son regret et contesté les motifs avancés par le gouvernement malien.

À la fin de 2024 et au début de 2025, les autorités maliennes avaient également accusé l’Algérie d’entretenir des liens avec des groupes qu’elles qualifiaient de terroristes et de leur fournir un soutien. Alger avait rejeté ces accusations et réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali. 

La crise ouverte d’avril 2025

Les tensions avaient pris une nouvelle dimension après la destruction d’un drone militaire malien dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, près de Tinzaouatène. L’Algérie avait affirmé que l’appareil avait pénétré dans son espace aérien. Le Mali avait soutenu que les débris avaient été retrouvés à 9,5 kilomètres au sud de la frontière, sur le territoire malien. 

À la suite de cet incident, le Mali, le Burkina Faso et le Niger avaient rappelé leurs ambassadeurs accrédités en Algérie. Alger avait ensuite rappelé ses représentants à Bamako et à Niamey et différé la prise de fonctions de son nouvel ambassadeur à Ouagadougou. 

L’Algérie avait fermé son espace aérien aux vols maliens le 7 avril 2025, en invoquant des violations répétées de son territoire. Le Mali avait adopté le même jour une mesure de réciprocité visant les aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie. Durant cette confrontation, Bamako avait accusé Alger de soutenir le terrorisme, tandis que les autorités algériennes avaient rejeté cette accusation et défendu leur version de l’incident. 

Le dossier porté devant la Cour internationale de Justice

En septembre 2025, le Mali avait saisi la Cour internationale de Justice au sujet de la destruction du drone. Le Gouvernement de la Transition qualifiait l’acte d’agression et soutenait que l’appareil participait à une opération contre des groupes armés dans la région de Kidal. 

La Cour avait indiqué que la procédure pourrait avancer lorsque l’Algérie aurait consenti à sa compétence pour examiner l’affaire. Alger avait maintenu que le drone avait franchi sa frontière aérienne et avait refusé la procédure engagée par Bamako. 

Les annonces du 10 juillet 2026 se concentrent sur le retour des ambassadeurs et la levée des restrictions aériennes. Le différend concernant la position exacte du drone au moment de sa destruction conserve les versions respectives déjà exprimées par les deux gouvernements.

Rétablissement des relations diplomatiques et aériennes

Le retour de l’ambassadeur malien à Alger rétablit la représentation du Mali au niveau de son titulaire. Celui de Kamal Retieb à Bamako rétablit, dans les mêmes conditions, la représentation algérienne au Mali. L’ambassadeur algérien avait été rappelé pour consultations le 7 avril 2025.

La réouverture des espaces aériens lève les interdictions appliquées depuis quinze mois aux appareils reliant les deux pays ou empruntant les routes internationales concernées. Les vols civils et militaires restent soumis aux autorisations, règles de navigation et procédures applicables à chaque déplacement. 

Les communiqués publiés le 10 juillet établissent le rétablissement des représentations diplomatiques au niveau des ambassadeurs et la reprise de la circulation aérienne. Les prochaines communications officielles préciseront les modalités de reprise des consultations bilatérales et les autres dossiers inscrits à l’agenda des deux gouvernements.