Discours de nouvel an : le chef de l’État appelle à la consolidation en 2026

Par kibaru

Dans son message à la Nation prononcé le 31 décembre 2025, le président de la Transition a dressé un tableau des défis traversés par le pays et fixé les grandes orientations de l’action publique pour l’année 2026. Le discours a insisté sur la souveraineté, la sécurité, la gouvernance et les priorités économiques et sociales.

À la veille de la nouvelle année, le Général Assimi Goïta s’est adressé aux Maliens dans un message marqué par le rappel des épreuves vécues en 2025, notamment sur les plans sécuritaire, énergétique et économique. Il a rendu hommage aux forces armées, aux victimes civiles et militaires, ainsi qu’aux populations affectées par les crises et les sinistres, tout en saluant la résilience du peuple malien face aux difficultés.

Le chef de l’État est revenu sur les perturbations dans l’approvisionnement en carburant, qu’il a attribuées à des attaques répétées contre des convois stratégiques. Il a également évoqué les campagnes de désinformation ayant, selon lui, accompagné cette période, tout en soulignant le rôle des opérateurs économiques, des chauffeurs et des forces de sécurité dans la continuité du ravitaillement national. Il a estimé que ces contraintes doivent désormais être transformées en leviers d’innovation et de renforcement de la souveraineté

Sur le plan stratégique, le président a rappelé l’adoption de la Vision prospective « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », assortie d’une stratégie de mise en œuvre couvrant la période 2025-2033. Cette vision, présentée comme un cadre de référence à long terme, vise à orienter l’action publique vers la construction d’un État souverain, sécurisé et économiquement viable.

La question sécuritaire a occupé une place centrale dans l’allocution. Le président a salué les avancées enregistrées par les Forces armées et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, évoquant une amélioration progressive de la liberté de mouvement et du rétablissement de l’autorité de l’État dans plusieurs zones. Il a également mis en avant la coopération renforcée avec le Burkina Faso et le Niger à travers l’opérationnalisation de la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel.

Abordant le processus de paix, le chef de l’État a présenté l’adoption de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale comme une étape structurante. Il a annoncé la poursuite du programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration, avec une nouvelle phase engagée dans plusieurs régions, notamment Ménaka, Kidal, Mopti, Ségou et Gao, ainsi que la mise en place d’un Observatoire pour la paix chargé d’accompagner ce processus.

Sur le terrain institutionnel, le président a réaffirmé la place centrale de la justice et de la gouvernance dans l’action publique. Il a rappelé la poursuite de la lutte contre la délinquance économique et financière, citant le rôle des structures spécialisées chargées de la récupération des avoirs indûment soustraits à l’État. Il est également revenu sur les réformes politiques engagées à la suite des Assises nationales de la refondation, annonçant l’ouverture en 2026 de concertations autour de l’avant-projet de loi encadrant les partis politiques.

Le volet économique du discours a mis en avant une croissance jugée soutenue malgré les sanctions et les contraintes sécuritaires, ainsi qu’une inflation maîtrisée et une dette présentée comme soutenable.

Le président a évoqué le retrait du Mali de la liste grise du GAFI en juin 2025, qu’il a présenté comme un signal de crédibilité financière. Il a rappelé le maintien de subventions ciblées sur les produits essentiels et l’énergie afin de préserver le pouvoir d’achat.

Concernant les secteurs productifs, le chef de l’État a évoqué les réformes engagées dans le domaine minier, incluant l’application des textes en vigueur et la renégociation de certains contrats. Il a annoncé la poursuite de cette dynamique en 2026 afin de renforcer les retombées économiques au profit de l’investissement public, de l’emploi et de la transformation locale.

La crise énergétique a également été abordée comme un enjeu majeur. Le président a indiqué que l’année à venir devra marquer une transition vers une souveraineté énergétique fondée sur la diversification des sources, l’amélioration de la gouvernance du secteur et des investissements structurants. Il a souligné la nécessité de transformer davantage les matières premières sur place afin de créer de la valeur ajoutée.

Enfin, le développement du capital humain a été présenté comme un axe central pour 2026. Le président a cité les priorités en matière de santé, d’éducation, de formation professionnelle et de promotion des compétences, évoquant la poursuite des projets de modernisation des infrastructures sanitaires et éducatives. Il a conclu son message en appelant à l’unité et à l’engagement collectif, affirmant que l’année 2026 devra être celle de la consolidation et du progrès.