Et si l’Afrique avait inventé la démocratie dès le Moyen-âge ?

Par kibaru

 

L’historique de l’Empire du Mali (ou Mandé) est très riche en événements novateurs. Avant l’intronisation de Soundiata Keita, souverain mandingue de l’Afrique de l’Ouest médiévale, fondateur de l’Empire du Mali, cet immense territoire est divisé en trois (3) provinces gouvernées par les Malinkés, notamment la province du Bouré où régna le clan des Camara, le pays des Do, dirigé par les Condé et le Kiri, gouverné par les Konaté ou Keita.

 

L’Empire du Mali regroupe alors en son sein la Mauritanie, la Gambie, le Sénégal, la Guinée Bissau, la Guinée Conakry, la Mauritanie, le Burkina Faso et une grande partie de la Côte-d’Ivoire. Lorsque Soundiata Keita s’adjuge le trône grâce aux soutiens indéfectibles des rois mandingues qui veulent faire prévaloir, à tout prix et avant tout, l’intérêt général, la charte KURUGAN FUGA, autrement appelée CHARTE MANDINGUE, est proclamée pour devenir la nouvelle constitution stipulant les règles de conduite qui planent sur tous les citoyens. Cette charte prône, entre autres, la bonne structuration de la société, d’où la division de celle-ci en 30 castes socioprofessionnelles dont 16 classes d’hommes libres, 5 classes de marabouts, 5 groupes d’artisans et 4 classes griots.

Parce qu’ils ont le rêve de préserver non seulement l’environnement, mais aussi une paix durable, les dirigeants de l’Empire du Mali créent le système de cousinage et de la plaisanterie* entre les divers clans qui forment l’Empire. Conséquences : l’exploitation abusive de la nature est interdite et tous les hommes deviennent libres et égaux sans la moindre distinction de classe, comme de rang sociétal. Il est par ailleurs important de noter que l’esclavage n’y est guère pratiqué, contrairement à ce que les mal intentionnés veulent nous faire croire.

Cette superbe organisation sociale traditionnelle africaine portera ses fruits en favorisant l’installation ainsi que le maintien d’une vie harmonieuse entre les Mandingues, les Peuls, les Wolofs, les Sérères, les Bambaras, etc., qui résident à l’époque dans une seule et unique patrie qu’est l’Empire du Mali. D’ailleurs, plusieurs pays d’Afrique, érigés à l’issue de la conférence de Berlin, ont, à l’heure actuelle, pu consolider la cohésion et la stabilité nationale par le biais de la Plaisanterie entre clans et ethnies, à l’image du cousinage entre Toucouleurs et Sérères ou encore entre les Ndiaye et Diop du Sénégal.

C’est la raison pour laquelle la CHARTE MANDINGUE datant de 1236, est jusqu’à présent considérée comme la première charte de déclaration universelle de droits de l’Homme, notamment par l’UNESCO qui la reconnaît comme telle en 2009. Cette charte est, en effet, bien plus ancienne que la « déclaration de droits de l’Homme et du citoyen » qui ne sera initiée par la France esclavagiste qu’en 1789, loi discriminatoire excluant de fait les Noirs.

Les peuples africains ont toujours fait preuve de prestance, d’ingéniosité et d’intégration ; les témoignages des voyageurs arabes et berbères, tels que Ibn Khaldoun et Ibn Battuta en sont les illustrations. Cependant, lorsque la méconnaissance de l’histoire, doublée du déracinement des nouvelles générations africaines, qui préfèrent troquer leurs réalités politiques, économiques et culturelles contre celles tropicalisées, le chaos devient dès lors inévitable…

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