Niger: huit personnes dont six touristes français tuées dimanche par des hommes armés

L’ONU appelle à créer un « cadre international complet » pour lutter le terrorisme

Par kibaru

Le Conseil de sécurité a, aujourd’hui, [11 mai ) lors d’un long débat* sur la lutte « contre les récits et les idéologies du terrorisme », appelé à la création d’un « cadre international complet » pour contrer plus efficacement la propagande d’organisations terroristes comme l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL/Daech), Al-Qaida ou des groupes associés.

Le Conseil de sécurité, dans une déclaration présidentielle, a ainsi prié le Comité contre le terrorisme de lui présenter le 30 avril 2017 au plus tard, une proposition en ce sens. 

« Le terrorisme ne peut être vaincu qu’à la faveur d’une démarche suivie et globale, faisant appel à la participation et à la collaboration actives de tous les États, des organisations internationales et régionales et de la société civile, selon qu’il convient, pour contrer, affaiblir, isoler et neutraliser la menace terroriste, conformément à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies », a souligné « avec insistance », au nom de tous ses membres, le Ministre égyptien des affaires étrangères, M. Sameh Shoukry, qui présidait aujourd’hui ce débat.

Au cours du débat, auquel ont pris part près de 70 délégations, dont une quinzaine conduites par des ministres, il a été établi que, depuis quelques années, la nécessité de contrer la rhétorique et les idéologies terroristes se fait de plus en plus pressante afin d’être en première ligne de l’action menée au niveau mondial pour combattre le terrorisme.

Les délégations, tout comme le Conseil dans sa déclaration présidentielle, ont noté avec inquiétude le fait que les groupes terroristes « construisent un discours fallacieux fondé sur une interprétation erronée et une présentation déformée de la religion pour justifier la violence qu’ils utilisent pour recruter des partisans et des combattants terroristes étrangers, mobiliser des ressources et obtenir l’appui de sympathisants, en particulier en exploitant les technologies de l’information et des communications, notamment Internet et les médias sociaux ».

« L’objectif à poursuivre doit être de préserver les populations de la crainte et d’empêcher l’érosion de nos valeurs universelles », a affirmé le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, en soulignant que lorsque « nous assumons nos responsabilités, nous obtenons un avantage tant moral que stratégique ».

M. Eliasson a rappelé que le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, qui avait élaboré un Plan d’action pour prévenir l’extrémisme violent, avait plaidé pour une « approche globale et pratique » en vue de répondre aux facteurs complexes qui conduisent des individus vers la radicalisation.

Il a également appelé à écouter avec attention les communautés affectées et à composer avec les partenaires que sont les dirigeants communautaires et religieux, les femmes et les jeunes, qui forment, selon lui, le meilleur rempart contre l’extrémisme violent aux niveaux local et individuel. 

Au cours de la discussion qui a suivi son intervention et celles du Secrétaire général de la Al Azhar Islamic Research Academy, M. Mohi El-Din Afifi, et du Vice-Président et Conseiller juridique adjoint de Microsoft, M. Steven A. Crown, les délégations ont affirmé que le terrorisme ne pouvait et ne saurait être associé à une religion, une nationalité ou une civilisation, quelle qu’elle soit, insistant ainsi sur l’importance de promouvoir la tolérance et le dialogue interconfessionnels.

Au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), le représentant du Koweït a ainsi expliqué que l’expression « groupes terroristes d’inspiration religieuse » était erronée, car aucune religion ne tolère ni n’inspire le terrorisme, alors qu’il existe « des groupes terroristes qui exploitent les religions ».  Il a ajouté que l’OCI luttait contre les idéologies extrémistes en donnant la parole à des dirigeants religieux crédibles qui transmettent le langage de la tolérance et de la non-violence.

Pour la France, cible en novembre dernier d’attentats sanglants, « l’ONU a un rôle majeur à jouer dans la lutte contre le terrorisme en général et contre Daech en particulier », tel que le stipule la résolution 2249 (2015), dont ce pays fut à l’initiative, et qui définit le cadre de « notre combat commun ».  De même, a poursuivi son représentant, l’ONU a un rôle unique à jouer pour mobiliser non seulement la communauté des nations, mais aussi la société civile, contre l’idéologie et les narratifs terroristes.

« L’adoption par la communauté internationale d’une stratégie globale, coercitive et inclusive, n’est plus une simple option, mais un impératif », a estimé son homologue du Sénégal qui, à l’instar de nombreux orateurs, a estimé que la lutte contre le terrorisme devrait s’attaquer aux causes structurelles et conjoncturelles propices à son évolution, notamment la marginalisation, la mauvaise gouvernance et l’absence de perspectives socioéconomiques. 

Plusieurs intervenants ont, comme la Ministre des affaires étrangères et du culte de l’Argentine, Mme Susanna Malcorra, plaidé pour que les États Membres s’assurent que toutes les mesures qu’ils prennent pour combattre le terrorisme soient conformes à la Charte des Nations Unies et à l’ensemble des obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international relatif aux droits de l’homme, le droit international relatif aux réfugiés et le droit international humanitaire.

« Notre voix doit être ferme et unie, et notre message -le message du monde entier à des terroristes- doit être clair et retentissant », a lancé, pour sa part, le Ministre égyptien des affaires étrangères: « Laissez-nous travailler ensemble pour être la voix de la vérité, de la justice et de la tolérance, face à la voix du terrorisme, de l’extrémisme et de la haine ».


MENACES CONTRE LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES RÉSULTANT D’ACTES DE TERRORISME

Lutter contre les récits et les idéologies du terrorisme

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité rappelle qu’en vertu de la Charte des Nations Unies il a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Le Conseil réaffirme que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations et les auteurs et indépendamment de l’endroit et du moment où ils sont perpétrés.

Le Conseil réaffirme également son respect pour la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de tous les États, conformément à la Charte.

Le Conseil souligne que le terrorisme ne peut et ne saurait être associé à une religion, une nationalité ou une civilisation, quelle qu’elle soit, et, ce faisant, insiste sur l’importance de promouvoir la tolérance et le dialogue interconfessionnel.

Le Conseil déclare avec insistance que le terrorisme ne peut être vaincu qu’à la faveur d’une démarche suivie et globale, faisant appel à la participation et à la collaboration actives de tous les États, des organisations internationales et régionales et de la société civile, selon qu’il convient, pour contrer, affaiblir, isoler et neutraliser la menace terroriste, conformément à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.

Le Conseil réaffirme que les États Membres doivent s’assurer que toutes les mesures qu’ils prennent pour combattre le terrorisme sont conformes à la Charte et à l’ensemble des obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire.

Le Conseil réaffirme l’obligation faite aux États Membres de s’abstenir d’apporter toute forme d’appui, actif ou passif, à des entités ou personnes participant ou associées à des actes de terrorisme, notamment en réprimant le recrutement de membres de groupes terroristes, conformément au droit international, et en mettant fin à l’approvisionnement en armes des terroristes.

Le Conseil souligne qu’il importe de donner rapidement effet à ses résolutions concernant la lutte contre le terrorisme, et rappelle à ce propos ses résolutions 1373 (2001), 1624 (2005) et 2178 (2014), notamment.

Conformément à la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales qui lui incombe en vertu de la Charte, le Conseil rappelle que la lutte contre l’extrémisme violent, lequel peut conduire au terrorisme, consiste notamment à prévenir la radicalisation et la mobilisation de personnes et leur recrutement dans des groupes terroristes et à empêcher ces personnes de devenir des combattants terroristes étrangers, est essentielle pour contrer la menace pour la paix et la sécurité internationales que représentent les combattants terroristes étrangers, comme il l’a souligné dans sa résolution 2178 (2014), et, dans ce contexte, prend note du Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent et note également que l’Assemblée générale s’est félicitée de l’initiative prise par le Secrétaire général et a pris note dudit plan d’action, qui sera étudié plus avant durant l’examen de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies en juin 2016, ainsi que dans le cadre d’autres instances pertinentes.

Le Conseil note avec inquiétude que l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également appelé Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés, construisent un discours fallacieux fondé sur une interprétation erronée et une présentation déformée de la religion pour justifier la violence, qu’ils utilisent pour recruter des partisans et des combattants terroristes étrangers, mobiliser des ressources et obtenir l’appui de sympathisants, en particulier en exploitant les technologies de l’information et des communications, notamment Internet et les médias sociaux.

Le Conseil prend acte de la contribution que les victimes du terrorisme en particulier, entre autres porte-parole légitimes, peuvent apporter à la lutte contre la radicalisation conduisant à la violence, et à la mise au point de puissantes campagnes sur les médias sociaux et activités de contre-propagande visant à faire obstacle au discours terroriste et aux tentatives de recrutement en ligne.

Le Conseil note à ce sujet qu’il est urgent de lutter à l’échelle mondiale contre les activités que l’EIIL (Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés mènent pour inciter à commettre des actes de terrorisme et pour recruter à cette fin, et estime que la communauté internationale devrait s’appliquer à comprendre exactement comment ces groupes parviennent à pousser d’autres personnes à commettre des actes de terrorisme ou à les recruter à cette fin; à mettre au point les moyens les plus efficaces possibles de combattre la propagande terroriste, les incitations au terrorisme et les recrutements à ces fins, notamment en utilisant Internet, dans le respect du droit international, y compris le droit international des droits de l’homme; à bâtir une campagne de contre-propagande visant à susciter et à amplifier la dénonciation active de l’EIIL (Daech), d’Al-Qaida et des personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés, afin de souligner le caractère fallacieux et incohérent de la propagande terroriste, chaque fois qu’il y a lieu, tout en tenant compte de la nécessité ladite campagne soit adaptée aux contextes nationaux; à sensibiliser le public, y compris par des activités éducatives portant sur le discours antiterroriste; à mettre au point des moyens plus efficaces de coopération entre les pouvoirs publics et les acteurs appropriés de la société civile, les populations locales et les partenaires du secteur privé, selon qu’il convient, pour contrer les efforts de radicalisation et de recrutement de l’EIIL (Daech), d’Al-Qaida et des personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés; à renforcer les mécanismes de coopération internationale; à définir les infrastructures et capacités supplémentaires qui leur seraient utiles; à mobiliser les ressources nécessaires là où il existe des besoins.

Compte tenu de ce qui précède, le Conseil prie le Comité contre le terrorisme de lui présenter le 30 avril 2017 au plus tard, après consultations étroites avec la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme et les autres organismes des Nations Unies compétents ainsi que les organisations internationales et régionales, en particulier le Bureau de l’Équipe spéciale de lutte contre le terrorisme, et les États Membres intéressés, une proposition de cadre international complet, assortie de recommandations sur les principes directeurs et bonnes pratiques à suivre pour lutter efficacement, dans le respect du droit international, contre la façon dont l’EIIL (Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés utilisent leur discours pour encourager et pousser d’autres personnes à commettre des actes de terrorisme ou pour les recruter à cette fin, en menant notamment une campagne de contre-propagande, dans l’esprit des campagnes analogues conduites par l’ONU, ainsi que des options concernant les moyens de coordonner la mise en œuvre de ce cadre et de mobiliser les ressources nécessaires, soulignant à cet égard le rôle primordial que les États Membres doivent jouer dans la définition des activités et modalités d’exécution relatives à ce cadre et saluant l’action qu’ils continuent de mener pour renforcer la coopération et la coordination interorganisations et créer des partenariats utiles avec le secteur privé, la société civile, les institutions religieuses et culturelles et les établissements d’enseignement en vue de lutter contre le discours des groupes terroristes et l’incitation à commettre des actes de terrorisme.

Déclarations

M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’ONU, a affirmé que le débat d’aujourd’hui était une occasion de discuter de la meilleure façon de lutter contre les discours idéologiques terroristes.  Les groupes terroristes exploitent des croyances religieuses pour inciter à la haine et à la violence et semer la polarisation et la division au sein des États Membres, a-t-il expliqué.  Les bombes terroristes, a-t-il dit, cherchent à détruire plus que des vies humaines, elles visent nos valeurs communes et cherchent à semer la terreur.

L’objectif à poursuivre doit être de préserver les populations de la crainte et d’empêcher l’érosion de nos valeurs universelles, a poursuivi M. Eliasson, en soulignant que lorsque « nous assumons nos responsabilités, nous obtenons un avantage tant moral que stratégique ».  La confiance dans le respect des droits de l’homme fondamentaux, dans la dignité et la valeur de la personne humaine et dans la primauté de la solidarité mondiale représente la plus grande force dont nous disposons pour lutter contre les discours et les idéologies terroristes, a déclaré le Vice-Secrétaire général.

M. Eliasson a rappelé que la résolution historique 2250 (2015) du Conseil de sécurité reconnaît la valeur et le rôle des jeunes dans la construction de la paix, une résolution équivalente, a-t-il estimé, à la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il a ainsi appelé les membres du Conseil de sécurité et tous les États Membres de l’ONU à traduire cette résolution dans les faits.  « Nous devons faire plus que répéter des déclarations générales sur les « jeunes futurs dirigeants de l’avenir », a-t-il dit.  « Nous ne devons pas seulement travailler pour les jeunes, nous devons travailler avec eux.  Au lieu de voir les jeunes comme une partie du problème, nous devons exploiter leur potentiel immense pour forger des solutions. »

Les jeunes, a ajouté M. Eliasson, ont soif d’idées visionnaires.  La bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme et l’état de droit devraient être, a-t-il souligné, les composantes centrales de toute vision qui nous inspire.  Il a rappelé que le Secrétaire général avait appelé à une approche globale et pratique pour répondre aux facteurs complexes qui conduisent des individus vers l’extrémisme violent, celle-ci étant contenue dans son Plan d’action pour prévenir l’extrémisme violent.

Le Vice-Secrétaire général a également appelé à écouter avec attention les communautés affectées et à composer avec les partenaires que sont les dirigeants communautaires et religieux, les femmes et les jeunes, qui forment le meilleur rempart contre l’extrémisme violent aux niveaux local et individuel.  Par ailleurs, la protection des médias libres est un moyen de défense contre la rhétorique terroriste.  Un espace pour permettre à la société civile et aux organisations non gouvernementales d’agir librement est essentiel, a ajouté M. Eliasson, en précisant que les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme méritaient, à cet égard, sécurité et appui.

M. MOHI EL-DIN AFIFI, Secrétaire général de Al Azhar Islamic Research Academy, a dit sa douleur devant la barbarie à travers le monde qui est commise au nom de l’Islam.  L’Islam est ainsi présenté, avec parfois la complaisance des médias, comme une religion barbare, assoiffée de sang, a-t-il déploré, en rappelant que les crimes commis ne peuvent être rattachés à aucune tradition humaine.  Le Coran dit que le Prophète a été envoyé au monde comme un présent et ce monde est bien plus large que le monde musulman, puisqu’il inclut le monde animal et végétal, a-t-il continué.  M. Afifi a ainsi rappelé que dans le Coran, il est dit qu’une femme avait connu les flammes de l’enfer pour avoir refusé de donner à boire à un chat assoiffé.  La miséricorde est profondément ancrée dans l’Islam, a affirmé M. Afifi en expliquant que, selon l’Islam, l’humanité était une seule famille.

Il a ensuite regretté que l’idéologie extrémiste takfiriste des débuts de l’Islam séduise aujourd’hui des jeunes qui ne connaissent rien à cette religion.  Face à ce défi, l’Académie Al Azhar déploie de nombreux efforts pour souligner les concepts véritables de l’Islam et propager ses enseignements de tolérance.  Elle compte 40 000 étudiants, venant de plus de 130 pays, a-t-il dit.  Nous œuvrons sur le plan mondial au sein du Conseil de tutelle des musulmans qui inclut des entités provenant des différentes nations du monde musulman.  Il a également indiqué que l’Académie Al Azhar avait mis sur pied un observatoire numérique visant à détecter les publications de Daech sur Internet.  « Nous réfutons leurs fatwas et, ce, dans toutes les langues, afin d’avertir les jeunes sur les risques posés par Daech », a-t-il déclaré, en ajoutant que l’Académie Al Azhar proposait également aux jeunes des possibilités d’emploi.  En conclusion, il a appelé de ses vœux un monde de tolérance et de coexistence pacifique, avant de dire: « Que la paix de Dieu vous accompagne ».

M. STEVEN A. CROWN, Vice-Président et Conseiller juridique adjoint de Microsoft, a expliqué que pour le secteur d’Internet, l’ampleur du défi terroriste était sans précédent.  Lorsqu’un compte faisant l’apologie du terrorisme est supprimé, un autre immédiatement le remplace, a-t-il dit.  « Deux semaines après les attaques de Paris, les vidéos sur Internet défendant ces attaques avaient été vues plus d’un million de fois. »

Expliquant qu’il ne saurait y avoir de solution miracle pour empêcher que les terroristes n’utilisent Internet, M. Crown a rappelé qu’Internet avait été conçu pour libérer les énergies et potentiels, et non pas pour détruire et tuer.  Il a également noté que le secteur de l’Internet n’était pas monolithique et que les principales entreprises qui le composent étaient souvent rivales.  Mais ces entreprises peuvent unir leurs forces pour relever le défi du terrorisme comme elles ont pu le faire par le passé pour combattre les échanges d’images pédophiles.

Soulignant l’utilité des partenariats publics privés dans cette lutte, M. Crown a appelé les entreprises du secteur, les acteurs gouvernementaux et les organisations de la société civile à travailler de concert, comme elles ont commencé à le faire en se réunissant récemment à Genève.  Il a ensuite évoqué les difficultés qui persistent, en particulier le fait qu’il n’existe pas de définition universellement acceptée du terrorisme et de l’extrémisme.  En ce qui concerne l’élaboration d’initiatives visant à contrer la propagande terroriste, M. Crown a indiqué que celles-ci devraient être fondées sur le droit international et le respect de l’état de droit.  « Nous devons protéger les valeurs inaliénables, qui incluent la liberté d’expression et le droit au respect de la vie privée. »

La protection des droits fondamentaux de l’individu est cruciale pour Microsoft comme elle l’est pour les autres entreprises du secteur des technologies de l’information et des communications, a-t-il souligné, en précisant que Microsoft faisait partie d’un réseau mondial de différents acteurs en faveur de la protection de ces droits.  Il a indiqué que toute action de lutte contre la propagande terroriste devrait respecter ces principes.  « Au fur et à mesure que les initiatives de lutte contre la propagande terroriste deviennent de plus en plus complexes, nous avons besoin de plus d’échanges et de coopération », a-t-il estimé.  En conclusion, M. Crown a soutenu que cette coopération devrait être menée en toute transparence, de façon à renforcer la confiance du public.

M. SAMEH SHOUKRY, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, soulignant que la veille de son départ pour New York, huit policiers avaient été la cible d’assassinats au Caire, a affirmé que la lutte contre la montée du terrorisme, une des menaces proéminentes à la paix et à la sécurité internationales, était une obligation pour les États.  Il a ensuite demandé aux membres du Conseil d’observer une minute de silence pour toutes les victimes des actes terroristes lâches.

Le Ministre a indiqué que lors du sommet de l’Organisation de la coopération islamique, en avril dernier, le Président égyptien, M. Abdelfattah Al-Sisi, avait souligné, dans son discours, que le système international était devenu imparfait.  Pour régler cette situation, il faudrait examiner les facteurs qui y ont conduit, a-t-il dit, en faisant en particulier état des déséquilibres aux niveaux international et régional.

Pour M. Shoukry, le conflit israélo-arabe, vieux de 70 ans, demeure l’une des questions les plus cruciales dans la région.  L’échec, pendant des décennies, à prendre des mesures pour tenter de le résoudre a accru les causes qui ont contribué à l’instabilité et à la montée du terrorisme dans la région, a-t-il expliqué.

L’Égypte a toujours souligné que la lutte contre le terrorisme international ne pouvait réussir qu’en s’abstenant d’adopter une approche sélective, en traitant sérieusement et objectivement les racines de ce phénomène, en luttant efficacement contre toutes les organisations terroristes et les idéologies extrémistes et ceux qui les propagent.

La communauté internationale doit également être ferme face au financement et au soutien politique accordés à ces organisations terroristes par certains pays et certaines parties, lesquels constituent une violation flagrante du droit international et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il est essentiel pour nous tous d’accroître la coordination et la coopération en vue de tarir ces sources de soutien, a-t-il déclaré.

Il a estimé que l’exploitation du saut technologique dans les moyens de communication et des médias sociaux par des groupes terroristes est l’un des principaux facteurs qui a permis à ces groupes de diffuser leurs messages et leurs idéologies d’une manière sans précédent.  Il a également mis l’accent sur l’importance du phénomène de l’islamophobie qui contribue, selon lui, à la propagation de la pensée extrémiste et à l’augmentation du recrutement de jeunes des minorités musulmanes dans les pays occidentaux par des organisations terroristes. 

Le Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent profiter des efforts déployés activement par des institutions religieuses modérées et s’appuyer sur ces efforts, tant en réfutant les messages et les idéologies utilisées par des groupes terroristes qu’en mettant en évidence et en expliquant les interprétations des vrais concepts des religions.

De même, a souligné le Ministre, il est essentiel pour les pays et les sociétés, y compris ceux de l’Occident, de réaffirmer que le terrorisme n’est pas lié à une religion, à la culture ou à des peuples.  M. Shoukry a en outre mis l’accent sur la nécessité de criminaliser la diffusion de messages et d’idéologies terroristes, sans empiéter sur le principe de la liberté d’expression et mis l’accent sur le rôle que les médias peuvent aussi jouer pour empêcher la diffusion de tels discours.  Il a fait état, également, du rôle qui doit être joué par la société civile dans différents pays, dans le cadre de la législation de chaque pays, dans la lutte contre les messages et les idéologies des groupes terroristes.

Enfin, M. Shoukry a insisté sur la nécessité de coopérer et d’harmoniser les efforts en cours aux niveaux national, international et régional pour lutter contre les messages et les idéologies des groupes terroristes.

« Notre voix doit être ferme et unie, et notre message -le message du monde entier à des terroristes- doit être clair et retentissant », a-t-il conclu, en qualifiant ces derniers d’« ennemis de l’humanité ».  « Laissez-nous travailler ensemble pour être la voix de la vérité, de la justice et de la tolérance, face à la voix du terrorisme, de l’extrémisme et de la haine. »

M. MURRAY MCCULLY, Ministre des affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande, a rappelé que chaque société comprenait en son sein des éléments désenchantés et désaffiliés qui pouvaient être perméables à l’idéologie extrémiste.  Il a apporté le soutien de son pays aux quatre piliers de la stratégie antiterroriste de l’ONU et souligné le rôle central du Conseil dans cette lutte.

« La contribution la plus importante que le Conseil pourrait apporter serait d’améliorer sa capacité à prévenir et résoudre les conflits », a poursuivi le Ministre, en rappelant que le conflit palestinien avait alimenté le désespoir et l’extrémisme depuis des générations.  Il a ensuite indiqué que l’édification de sociétés plus fortes et plus inclusives était le moyen à long terme le plus efficace contre la propagation du terrorisme.  L’instauration d’une gouvernance inclusive et la défense des droits fondamentaux, a-t-il souligné, sont cruciales pour défaire les idéologies extrémistes.

M. McCully a ensuite invité les gouvernements à se montrer plus actifs et innovants dans leur stratégie antiterroriste et à améliorer leur coopération.  Dans ce droit fil, il a souhaité la pleine mise en œuvre des régimes de sanctions du Conseil contre Daech, Al Qaida et les Taliban.  En conclusion, le Ministre a souligné l’acuité du défi que constitue le retour des combattants terroristes étrangers, y compris pour la Nouvelle-Zélande, et l’importance d’une coopération robuste dans les domaines de la sûreté aérienne et du contrôle des frontières pour y remédier.

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a déclaré que lors d’une récente visite au Cameroun, au Tchad et au Nigéria, elle avait rencontré des victimes de Boko Haram qui ont raconté les horreurs des enlèvements d’enfants et de la violence.  Elle a ensuite fait état d’exemples des pays qui voient leurs citoyens céder aux appels de Daech, et elle a indiqué que la lutte contre le terrorisme doit se faire en conformité avec le droit et dans le respect de la liberté d’expression.  Elle a estimé qu’une telle stratégie doit s’atteler à exposer les mensonges qui sous-tendent les récits des terroristes, et notamment grâce à des efforts conjoints avec les organisations religieuses et de la société civile, et avec les gouvernements jouant un rôle de soutien en fournissant une formation appropriée.  « La vérité est de notre côté », a—t-elle déclaré, en soulignant qu’il était contre-productif de traiter les médias comme des ennemis de l’État.

Mme Power a ensuite recommandé d’examiner de manière approfondie les causes profondes qui conduisent les individus et les communautés à embrasser les récits terroristes.  Parfois, les motivations locales vers le terrorisme n’ont aucune base religieuse, a-t-elle argué, en affirmant que ces appels locaux comportaient des avantages pour ces gens.  Elle a cité le cas d’une femme aux États-Unis qui avait dit que la promesse de camaraderie l’avait motivé à rejoindre Daech.  Elle a, en outre, parlé du témoignage d’un iman au Mali qui expliquait à l’organisation Human Rights Watch que les communautés sont attirées par des groupes terroristes en raison de certains des services de base que ces groupes fournissent.

M. REEZAL MERICAN NAINA MERICAN, Ministre adjoint des affaires étrangères de la Malaisie, a affirmé, que si le terrorisme n’avait pas de religion, « les musulmans ne devaient pas cultiver le déni ».  « Nous devons être honnêtes avec nous-mêmes et reconnaître, que cela nous plaise ou non, que nous devons remédier à l’exploitation qui est faite de l’islam par les groupes terroristes, ce qui a conduit à ce lien perçu entre terrorisme et islam », a-t-il dit.

Soulignant l’importance, pour comprendre une religion, d’en étudier les textes fondamentaux, M. Merican a indiqué que la paix était l’essence même de l’islam, citant à cette fin le verset 224 du second chapitre du Coran.  Il a précisé que le concept « de fin justifiant les moyens » n’avait aucune place en Islam.  « Bien avant les Conventions de Genève de 1949, le Prophète et les savants après lui ont élaboré une doctrine de guerre juste, qui interdit aux musulmans dans la conduite de la guerre de s’en prendre aux non-combattants, en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et malades. »  Il a souligné l’urgence de montrer que ce sont bien les extrémistes qui sont les blasphémateurs.  « Ce sont eux qui insultent et pervertissent les enseignements du Saint Coran et de la Sunna. » 

Il a également plaidé pour l’éradication des causes profondes qui expliquent le succès de l’idéologie extrémiste auprès de certains individus désaffiliés et frustrés, parmi lesquelles il a cité les violations graves des droits de l’homme, les occupations étrangères ou bien encore les discriminations systématiques.  Le Ministre a souhaité qu’il y ait davantage de figures musulmanes adeptes des réseaux sociaux qui puissent s’adresser aux jeunes sur Internet et développer auprès d’eux un message de tolérance, y compris en explicitant le concept de djihad.

En conclusion, rappelant l’engagement ferme de son pays dans la lutte contre le terrorisme, le Ministre adjoint des affaires étrangères de la Malaisie a affirmé que les attaques terroristes ne faisaient pas de distinction entre femmes et enfants, entre musulmans, juifs et chrétiens et entre riches et pauvres.  « Ne laissons pas les terroristes nous diviser », a-t-il conclu.

M. IGNACIO YBANEZ, Ministre des affaires étrangères et de la coopération de l’Espagne, a estimé que les États avaient l’obligation d’empêcher la propagande des terroristes, en commençant par la criminalisation de l’incitation au terrorisme.  Il est nécessaire, a-t-il dit, de surveiller et d’empêcher les actes de ceux qui incitent au terrorisme au sein des organisations sociales, des écoles ou des centres religieux, ainsi que dans les nouvelles technologies de l’information, Internet et les réseaux sociaux.  Pour ce faire, il convient d’avoir une législation appropriée et de s’assurer le soutien des partenaires sociaux décisifs. 

De même, la communauté internationale doit présenter des valeurs positives telles que la coexistence pacifique, le pluralisme, la liberté de chaque personne de choisir les idées et les principes qui visent à guider sa vie, la liberté de croyance et d’idées et d’opinion.  Il est important de les opposer à l’intolérance et à la propagande haineuse des terroristes et des groupes extrémistes violents, a-t-il dit.

Le Ministre a également mis l’accent sur la nécessité de compter sur le soutien des dirigeants communautaires, des chefs religieux, des enseignants et des éducateurs, des leaders d’opinion, des militants des droits de l’homme et des médias, ainsi que des familles. 

Dans le domaine de la prévention, l’Espagne, qui coparraine l’Alliance des civilisations des Nations Unies, attache une grande importance au dialogue interculturel et interreligieux, lequel constitue un outil pour la prévention de la radicalisation violente.  À cet égard, a-t-il dit, l’Espagne a présenté plusieurs propositions lors du récent Forum de l’Alliance des civilisations, qui s’est tenu à Bakou, en Azerbaïdjan: la création d’un comité pour la tolérance et des messages positifs sur l’Internet, le développement d’un guide de bonnes pratiques dans l’éducation et la diversité pour l’intégration sociale, une plateforme des dirigeants religieux pour la paix, en particulier dans les zones de conflit.

M. SHINSUKE SUGIYAMA, Ministre adjoint des affaires étrangères du Japon, a salué le Plan d’action du Secrétaire général visant à prévenir l’extrémisme violent et appelé à sa rapide mise en œuvre.  Il a invité le Conseil à intensifier ses efforts contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  Détaillant les initiatives de son pays dans cette lutte, M. Sugiyama a indiqué que le Japon avait contribué à hauteur de 1,5 million de dollars au Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience visant à appuyer les initiatives locales contre l’extrémisme violent.

Le Vice-Ministre a ensuite souligné la nécessité de donner plus de résonance aux voix modérées prônant la tolérance et le pluralisme, en faisant remarquer que la notion de modération était partagée par plusieurs civilisations.  Les efforts visant à lutter contre l’extrémisme violent doivent être menés dans le respect de la Charte des Nations Unies, a-t-il affirmé.  M. Sugiyama a rappelé que le Japon, qui va accueillir les 26e et 27e réunions du G-7 ce mois-ci, jouait un rôle de chef de file dans l’élaboration du plan d’action du G-7 contre le terrorisme et l’extrémisme violent.  « Notre but est de créer un plan d’action concret qui représenterait l’apport des dirigeants du G-7 aux efforts contre le terrorisme », a conclu le Ministre adjoint des affaires étrangères du Japon.

M. LIU JIEYI (Chine) a affirmé que le terrorisme constituait une menace grave pour la paix et la sécurité internationales, un défi commun que doit relever l’ensemble de la communauté internationale.  Le délégué chinois a mis l’accent sur la nécessité de respecter des normes unies et de ne lier le terrorisme à aucune religion ou groupe particulier.  Il faut, selon lui, adopter des mesures coordonnées intégrées sur les plans économique, culturel et de l’éducation.

Le représentant a souligné qu’il était essentiel d’éradiquer les fondements idéologiques des terroristes.  Tous les pays doivent incorporer la lutte contre le terrorisme dans leur stratégie de développement.  Davantage d’efforts doivent être entrepris pour empêcher la diffusion d’idéologies terroristes ou extrémistes et traduire en justice les responsables.  Il convient également, a-t-il ajouté, de promouvoir le dialogue entre les civilisations et d’ériger des relations internationales d’un type nouveau, caractérisées par le respect mutuel et l’ouverture d’esprit.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France) a rappelé que malgré les succès enregistrés ces derniers mois dans la lutte contre Daech en Iraq et en Syrie, la propagande de ce groupe continue malheureusement d’exercer un attrait important sur les populations.  Il a affirmé qu’en France, ce sont plus de 2 000 ressortissants ou résidents qui sont impliqués dans les filières terroristes syro-iraquiennes, et près de 9 300 personnes ont été signalés aux autorités pour radicalisation.  À l’échelle mondiale, il a rappelé que les estimations font état de près de 30 000 combattants terroristes étrangers issus d’une centaine de pays et qui ont rejoint la Syrie ou l’Iraq.  Il a noté qu’en dépit du récent recul du nombre de messages et de vidéos diffusés par Daech, Internet reste le canal de recrutement privilégié par les terroristes qui utilisent notamment des sites d’apologie du terrorisme, des forums de discussion, des services de messagerie directe, des vidéos et des réseaux sociaux.

Face à cette menace, M. Delattre a invité la communauté internationale à « casser cette entreprise d’embrigadement à grande échelle », avec la plus grande détermination et tous les moyens nécessaires, mais toujours avec les armes du droit, dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, car « ce sont ces mêmes droits de l’homme que les terroristes veulent anéantir, parce qu’ils sont au cœur même de nos démocraties ».  Il a expliqué que l’approche française s’articule autour de deux axes, dont la première comporte une dimension préventive et dissuasive avec des actions de contre-influence visant à délégitimer Daech auprès des potentiels recrues et des opinions publiques.  C’est dans cette optique que la France a créé, en janvier 2015, le site « stop-djihadisme.gouv.fr ». 

En outre, le plan d’action de la France contre la radicalisation et le terrorisme qui a été actualisé le 9 mai prévoit 50 nouvelles mesures concrètes pour améliorer la compréhension du phénomène et renforcer davantage la politique de prévention.  La seconde dimension de l’approche française est répressive, avec notamment le blocage des sites Internet et le retrait de contenus, dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, a-t-il précisé.  Dans ce contexte, la France entretien depuis le début de l’année 2015 un dialogue étroit continu avec les grands acteurs d’Internet tels que Microsoft, Facebook, Twitter ou encore Google.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a indiqué qu’Internet était devenu une ligne de front dans la lutte contre le terrorisme.  Il a souligné la capacité d’attraction très forte de la « marque Daech » sur Internet auprès de certains individus fragiles, détaillant ainsi le cas d’un étudiant britannique qui s’est rendu en Turquie dans le but de franchir la frontière syrienne après avoir été endoctriné sur Internet.  « Il y a pourtant une alternative à cette marque Daech », a-t-il dit, en indiquant que cette alternative devrait résulter d’une approche globale, engageant toute la société.

Affirmant que la liberté devrait être la norme sur Internet, il a insisté sur la nécessité de donner plus de résonance aux voix qui s’attaquent à l’extrémisme violent et résolument appuyé le Plan d’action du Secrétaire général.  M. Rycroft a ensuite mentionné les efforts menés par certains pays, dont le sien et Bahreïn, pour combattre la propagande de Daech au Moyen-Orient, avec un certain succès, puisque les « produits média » de Daech ont diminué.  « Désormais, pour chaque compte twitter en faveur de Daech, six comptes lui répondent et luttent contre sa propagande ».  En conclusion, le représentant a repris le cas de l’étudiant précité, en indiquant que son frère, grâce aux réseaux sociaux, avait réussi à le persuader à ne pas se rendre en Syrie et à rentrer au Royaume-Uni.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a affirmé que la croissance du radicalisme de ces dernières années se nourrissait de la propagande terroriste sans précédent qui vise particulièrement les jeunes et les couches défavorisées de la population.  La communauté internationale, a-t-il dit, a besoin de solutions efficaces pour répondre à cette tendance dangereuse.  De même, des mesures préventives doivent être prises dans le cadre plus large du terrorisme. 

Pour le représentant russe, qui a énoncé certaines des mesures prises par son pays pour lutter contre la propagation de la rhétorique terroriste et de l’extrémisme violent, a estimé que la coopération des États devrait se baser sur le droit international existant dans ce domaine et la stratégie antiterroriste mondiale.  Il a indiqué que son pays appuyait la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité, préparée par l’Égypte, laquelle constitue notamment une contribution essentielle, selon lui, à la mise en œuvre de la résolution 1624 (2005) du Conseil de sécurité. 

M. FODÉ SECK (Sénégal) a affirmé que l’approche de son pays contre le terrorisme et l’extrémisme violent reposait sur la prévention, la coopération et la réaction rapide.  « Nous mettons l’accent sur la sensibilisation et la concertation avec les guides religieux et les maîtres coraniques dont le rôle est essentiel pour déconstruire le discours extrémiste », a-t-il assuré.  Le représentant a rappelé que la tolérance et le respect de la diversité étaient des valeurs séculaires au Sénégal, qui est un État laïc qui accorde une grande importance au dialogue des cultures et des religions.  Au niveau régional, pour faire face à la vague d’attaques sanglantes qui a récemment frappé l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal ont décidé de renforcer les relations entre leurs services de sécurité, a indiqué le représentant.

Il a ensuite estimé que la lutte contre le terrorisme devrait s’attaquer aux causes structurelles et conjoncturelles propices à son évolution, notamment la marginalisation, la mauvaise gouvernance et l’absence de perspectives socioéconomiques.  Le délégué a notamment défendu la mise en place d’établissements de formation religieuse prônant la tolérance, la mise en lumière du vrai visage des groupes terroristes qui ne sont que des organisations mafieuses et les efforts visant à les discréditer sur le plan religieux.  « L’adoption par la communauté internationale d’une stratégie globale, coercitive et inclusive, n’est plus une simple option, mais un impératif », a estimé le représentant du Sénégal avant de conclure.

M. YURIY VITRENKO (Ukraine) a affirmé que les idéologies terroristes et extrémistes violentes, propagées à travers le monde par des entités comme l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL), Al-Qaeda et les groupes et les individus qui leurs sont associés, posaient une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales, de même qu’à la stabilité mondiale.  Pour lui, la réponse collective à cette menace doit porter sur le règlement des facteurs sous-jacents qui alimentent les idéologies extrémistes violentes et terroristes. 

De même, convient-il, à ses yeux, de combiner des mesures de lutte et de prévention plus nuancées et globales, qui s’attaquent au déficit de gouvernance, promeuvent le développement social et le dialogue, respectent l’état de droit et les droits de l’homme, les stratégies de communication, l’engagement des femmes et des jeunes, les partenariats public-privé.

Le représentant a concentré également son intervention à la situation dans son pays, accusant la Fédération de Russie qui, a-t-il dit, a tenté d’annexer de façon illégale une partie du territoire de l’Ukraine, la République autonome de Crimée et Sébastopol, et continue ses activités subversives en s’appuyant sur des terroristes dans la région du Donbass.  Il a ainsi dénoncé une idéologie néo-impérialiste qui tolère et encourage la violation du droit international, des droits de l’homme et des crimes graves, parmi lesquels des actes terroristes. 

M. ISMAEL A. GASPAR MARTINS (Angola) a indiqué que la radicalisation et l’extrémisme violent trouvaient un terrain fertile dans le contexte de la pauvreté, du chômage, de la corruption, du mépris des droits humains fondamentaux, ou encore de l’exclusion, la marginalisation et la mal gouvernance entre autres.  Il a aussi estimé que l’une des causes constamment évoquées dans les récits des terroristes était la situation de conflits non résolus, ce qui permet aux terroristes d’exploiter les complaintes profondes qui résultent des situations d’oppression ou des conséquences d’une intervention étrangère. 

Compte tenu de cette situation, le représentant a insisté sur l’urgence de résoudre les conflits qui perdurent.  Il a par ailleurs noté que l’un des aspects les plus pervers de cette idéologie violente résultait de l’exploitation des croyances religieuses pour diviser les pays et perpétrer des crimes haineux au nom de la religion.  Il a plaidé afin que les jeunes soient sensibilisés en les impliquant aux processus de prise de décisions dans la vie de leur communauté.

M. RAFAEL RAMIREZ (Venezuela) a indiqué que le terrorisme, « expression ultime de la violence extrémiste », pouvait s’expliquer par plusieurs facteurs, dont le premier est les interventions extérieures qui se sont déroulées en Iraq, en Libye, et sont toujours en cours en Syrie.  En raison de ces interventions, les États se sont effondrés, ce qui a ouvert la voie au sectarisme religieux, a-t-il déploré, en ajoutant que ce vide étatique était précisément le but recherché par ces interventions.