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Pour faire face à un environnement des affaires peu attractif au Mali

Par kibaru

Les jeunes dirigeants d’entreprises s’organisent

Le samedi 19 septembre dernier, les locaux du Conseil National du Patronat du Mali ont abrité, le lancement officiel de l’association des jeunes dirigeants d’entreprises du Mali. Un cadre qui permet à ces jeunes de mieux entrepreneurs de mieux s’organiser pour recenser leurs problèmes et trouver des solutions idoines. C’était en présence de plusieurs personnalités dont l’ex-Premier ministre et candidat déclaré à la mairie du District de Bamako.

Développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes pour mieux faire face aux défis auxquels ils seront confrontés une fois dans cet univers ; leur donner des pistes pour accéder plus facilement aux crédits bancaires afin de soutenir leurs activités. Tels sont, entre autres, les raisons qui ont motivé ces jeunes dirigeants d’entreprises à mettre en place une plateforme qui leur permettra de discuter de leur problème. C’est dans ce cadre que l’association des jeunes dirigeants d’entreprises du Mali ( AJDEM) a été lancé, le 19 septembre dernier. Une cérémonie qui sera suivie d’une conférence-débat animée par l’ex-Premier ministre, Moussa Mara sous le thème : « Financement du développement des PME : cas des jeunes du Mali ».

Dans son mot de bienvenue, le représentant du maire de la Commune IV, Mamadou Kountara s’est réjoui de la tenue de cette cérémonie dans sa commune qui, selon lui, prouve la volonté des jeunes à apporter leur contribution à l’édification de la nation malienne. Tout en insistant sur les opportunités qu’offre ce secteur, il a rappelé que la réduction du chômage et la promotion de l’entreprenariat des jeunes demeurent au cœur des préoccupations des autorités du pays. De son côté, le président de l’association des jeunes dirigeants d’entreprises du Mali, Drissa Coulibaly a insisté sur certaines qualités que les jeunes doivent avoir telles que la ténacité, l’endurance, les ressources… pour se lancer dans l’entreprenariat. Lequel est souvent miné par des difficultés parmi lesquelles, les tracasseries administratives, la corruption, les difficultés d’accès aux financements, etc. C’est ainsi qu’il a réitéré la nécessité d’une synergie des efforts et l’union des forces pour résoudre les problèmes auxquels les jeunes sont confrontés.

L’ex-Premier ministre Moussa Mara a, quant à lui, vivement encouragé les jeunes à persévérer dans cet élan. Il est convaincu que la pauvreté et le chômage ne peuvent être combattus dans la durée que si l’on crée des richesses. Et de rappeler que l’Etat à lui seul ne peut résoudre ces maux. Il en veut pour preuve que sur les 100 000 jeunes diplômés qui rejoignent chaque année le marché du travail, seuls moins de 35 000 sont recrutés dans les secteurs publics et privés. Cependant, par rapport à l’entreprenariat des jeunes, il a indiqué qu’au Mali, le financement est une denrée rare. Les raisons : une faiblesse relative du taux de la collecte d’épargne et des économies encore trop informelles, ce qui fait que même disponible, l’argent est très cher. Autre frein qui se dresse devant les jeunes entrepreneurs, le taux élevé des intérêts appliqués par les banques au sein de l’UEMOA. Ce qui est très différent dans les pays développés où la richesse est assez financée. Ces contraintes exogènes font que l’environnement des affaires dans cet espace n’est pas très attractif, car comportant de nombreux risques.

S’agissant des facteurs endogènes, il a plaidé pour une réforme du système éducatif afin de développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes. Ce qui n’est pas le cas actuellement, car la majorité d’entre eux est formée pour devenir des fonctionnaires ou des salariés. Avant de préciser que les jeunes maliens ne sont pas suffisamment créatifs et imaginatifs. D’où la nécessité d’être opiniâtre, de sortir des sentiers battus et avoir un minimum de formation en management. Enfin, il a salué les efforts déployés par les structures étatiques en charge de la question de l’emploi et de la formation professionnelle tout en appelant à les dépolitiser pour assurer un suivi rigoureux sur la viabilité des projets financés.