3 090 morts en mer en 2025 sur la route de l’Espagne

Par kibaru

Selon l’organisation Caminando Fronteras, plus de trois mille personnes sont mortes ou portées disparues en mer en 2025 en tentant de rejoindre l’Espagne. Les routes atlantiques et méditerranéennes concentrent l’essentiel de ces décès.

En 2025, au moins 3 090 personnes sont mortes ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne par voie maritime. Ce chiffre, établi par l’organisation Caminando Fronteras, couvre la période allant du 1er janvier au 15 décembre 2025 et repose sur un travail de documentation indépendant mené en lien avec des familles de migrants, des réseaux associatifs et des données de sauvetage.

Parmi ces victimes figurent 192 femmes et 437 enfants, des chiffres qui traduisent la diversité des profils engagés dans ces traversées. Ces décès sont inclus dans le bilan global de 3 090 morts et disparus recensés au cours de l’année.

La route atlantique reliant les côtes d’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries demeure la plus meurtrière. Environ 1 906 décès y ont été recensés en 2025. Cette traversée, longue de plusieurs centaines de kilomètres, expose les embarcations à des conditions maritimes difficiles et à des délais d’intervention parfois très longs en cas de détresse. Les naufrages y sont fréquents et de nombreuses embarcations disparaissent sans jamais être localisées.

La seconde route la plus mortelle est celle reliant l’Algérie aux îles Baléares. Selon les données de Caminando Fronteras, environ 1 037 personnes y ont perdu la vie ou ont été portées disparues en 2025. Cette voie méditerranéenne, bien que plus courte que la route atlantique, présente également de nombreux risques, notamment en raison de départs nocturnes, d’embarcations précaires et de conditions météorologiques changeantes.

Comparé à l’année précédente, le bilan de 2025 apparaît inférieur. En 2024, au moins 10 457 personnes étaient mortes ou portées disparues en tentant de rejoindre l’Espagne par la mer, ce qui en faisait l’année la plus meurtrière jamais documentée sur ces routes. Cette baisse relative ne modifie toutefois pas la réalité d’un nombre toujours élevé de décès enregistrés au cours de l'année qui vient de s'écouler.

Caminando Fronteras précise que ces chiffres ne proviennent pas uniquement des statistiques officielles. L’organisation s’appuie sur des témoignages directs de familles, des alertes lancées par des proches, des signalements d’embarcations disparues et des informations issues d’opérations de sauvetage. Cette méthodologie permet de documenter des cas qui ne sont pas toujours comptabilisés par les autorités, notamment lorsque les embarcations ne sont jamais retrouvées.

Ainsi, comme les années précédentes, en 2025, une partie des morts en mer n’a donné lieu à aucune identification formelle. Pour de nombreuses familles, l’absence de nouvelles demeure la seule certitude, sans confirmation officielle du décès ni localisation des corps.

Le bilan établi pour l’année 2025 confirme que les routes maritimes vers l’Espagne restent parmi les plus dangereuses d’Europe. Derrière les chiffres, des milliers de trajectoires individuelles se sont interrompues en mer, le long de routes désormais durablement inscrites dans les données migratoires comme des axes à haut risque.