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Tunisie : annonce d’une levée du couvre-feu ce week-end malgré la persistance de la grogne

Par kibaru

Le couvre-feu instauré en Tunisie depuis le 19 janvier dernier pourrait être levé ce week-end, indique une source digne de foi. Cette mesure avait été prise en raison des manifestations populaires survenues après qu’un jeune diplômé-chômeur répondant au nom de Ridha Yahyaoui, s’est donné la mort, le samedi 16 janvier dernier, en montant sur un poteau près du siège du gouvernorat à Kasserine (dans le centre du pays). Par ce geste désespéré, le jeune homme de 28 ans entendait protester contre son retrait d’une liste d’embauches dans la fonction publique.

Quelques heures plus tard, la grogne sociale s’est étendue dans plusieurs localités du pays où de jeunes vivants la même situation que Ridha Yahyaoui se sont affrontés avec les forces de l’ordre en solidarité avec les manifestants de Kasserine. Les revendications étaient presque les mêmes que celles qui ont conduit à la chute du dictateur Ben Ali à savoir « Travail, liberté, dignité ».

Actuellement, bien que la situation soit relativement calme après l’arrêt des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, de nombreux jeunes diplômés-chômeurs ont pris d’assaut certains bâtiments publics pour un sit-in ouvert. Ils exigent la satisfaction de toutes leurs doléances concernant l’emploi notamment pour mettre fin à leur mot d’ordre. D’ailleurs, le bureau régional de l’Union des diplômés sans emploi à Sidi Bouzid a appelé, dans un communiqué, le gouvernement et les autorités régionales à régulariser la situation des chômeurs et à ouvrir des concours à l’échelle régionale pour employer les diplômés de l’enseignement supérieur.

Dans la même veine, certains protestent aussi contre la corruption au sein de l’administration qui n’a pas encore totalement disparu depuis la révolution de 2011 et le manque de développement de certaines localités du pays.

Pour l’heure, même si la tension a baissé d’un cran, chaque camp se regarde en chiens de faïence et la situation pourrait dégénérer si les autorités du pays ne changent pas de cap pour écouter davantage la population et tenter de parer au plus urgent.

Récit: Massiré Diop

Image: khedir Mabrouka