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Algérie : Les vraies raisons de la reddition de Sultan Ould Badi

Par kibaru

On commence à en savoir davantage sur les raisons pour lesquelles le chef de la Katiba Salahddin affilié à l’Etat Islamique dans le Grand Sahara, Sultan Ould Bady, s’est rendu, le samedi 11 août dernier, aux autorités militaires de Tamanrasset, localité située dans l’extrême sud algérien.

En effet, selon nos sources, Sultan Ould Badi était devenu un animal blessé. Il vivait seul loin de tous les regards indiscrets. Des sources estimaient qu’il avait été très blessé suite à des combats. Une posture qu’il a adoptée suite à la destruction de sa principale base dans la région de Ménaka par les combattants de la Coalition MSA/GATIA. Cela, après des affrontements qui ont opposé les deux camps en février dernier.

Ould Badi était l’un des principaux commanditaires, voire auteurs des exactions commises sur des civils suite à des attaques contre des campements, dans la région de Ménaka. L’homme était traqué de tous les côtés. Après la destruction de sa base, il a cherché refuge dans plusieurs pays dont le Niger voisin. Mais c’était compter sans la détermination des autorités de ce pays qui ont renforcé la sécurité au niveau de leurs frontières pour lutter contre le radicalisme.

Ne sachant que faire et n’ayant aucune issue, Ould Badi a préféré se rendre aux autorités algériennes. Lesquelles maintiennent leur promesse d’amnistier tous les terroristes n’ayant pas commis de grands crimes comme les crimes de guerre, crime contre l’humanité.

La condition c’est aussi de détenir une arme pour montrer sa bonne foi à coopérer avec les autorités algériennes. Sur ce plan, Sultan Ould Badi s’est rendu avec un arsenal composé d’un fusil mitrailleur de type FM, un chargeur de munitions garni, un pistolet mitrailleur de type kalachnikov et 250 balles de différents calibres. Une autre condition pour être éligible à l’amnistie proposée par les autorités algériennes c’est d’avoir commis un acte contre les ressortissants de ce pays. A cet effet, il faut rappeler que lorsqu’il était parmi les cadres influents du MUJAO, Sultan Ould Badi était le principal auteur de l’enlèvement, le 5 avril 2012, à Gao, de sept diplomates algériens dont cinq avaient pu être libérés et deux autres parmi lesquels le vice-consul Taher Touati ont été tués.

C’est en février dernier que l’annonce de la soumission de Sultan Ould Badi à "Amir al-Mu'mineen wa Khalifat al- Muslimeen" du fondateur de l’Etat islamique, Abou Bakr Al Baghdadi, a été faite. Sultan Ould Badi alias Abu Ali a d’abord été membre fondateur du MUJAO 2011. Avant de passer au mouvement Ansar Dine en 2013.

Avec l’intervention militaire franco-africaine qui a permis la reconquête des grandes villes du nord du Mali, il s’était réfugié en Libye, notamment à Syrte. Suite à l’insécurité grandissante qui sévit au Nord du Mali, il est revenu du théâtre libyen et repris la tête de sa katiba Saleh Dine nouant des alliances avec des peuls Toloobé, des Arabes et des Touareg. En décembre dernier, on signalait un rapprochement stratégique entre lui et le chef de l’Etat islamique au Grand Sahara, Adnan Abou Al-Walid Al-Sahraoui avec qui il cogérait le MUJAO. Tous les deux ont également des transfuges du mouvement Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar. Sultan Ould Bady serait originaire de la tribu Arabe Lamhar, principalement basée dans la région de Gao.

Signalons que Sultan Ould Bady avait décidé de claquer la porte du MUJAO pour fuir les sanctions qui pouvaient découler de l’ajout de ce mouvement dans la liste noire de l’ONU. Il avait ensuite rejoint Ançar Dine qui ne figurait pas encore dans cette liste.