Niger: huit personnes dont six touristes français tuées dimanche par des hommes armés

Attaque complexe contre le camp militaire de Guiré : Plus d’une dizaine de soldats tués et de nombreux blessés

Par kibaru

C’est aux alentours de 5 heures du matin que des assaillants à bord de motos et des véhicules pickup ont commencé à pilonner le camp de Guiré, localité située à environ 104 km de Nara sur la route de Niono. Les assaillants qui seraient en tout cas plus d’une dizaine, seraient issus de la forêt de Wagadu. Ils étaient très bien équipés selon plusieurs sources locales.

C’est ainsi  qu’à l’aide d’obus de mortiers, des roquettes et d’autres types d’armes lourdes collectives, ils ont pilonné le camp, ne laissant aucun répit aux militaires qui allaient dans tous les sens. Pour l’heure, le bilan toujours provisoire fait état d’au moins 18 militaires tués dont le commandant du camp. On compte aussi 2 blessés graves évacués sur Bamako à bord d’un hélicoptère. Côté assaillant, on ignore encore s’il y a réellement eu des pertes, bien que des sources estiment ayant vu certains corps emportés.

Avant de se retirer, les assaillants ont emporté plusieurs véhicules militaires et mettre le feu sur une dizaine d’autres qu’ils n’ont pu emporter. Bien qu’il soit trop tôt d’identifier les auteurs de cette attaque, tout porte à croire qu’il s’agirait du « Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans » (JNIM). Cela, au regard de la similitude entre cette attaque et celle menée le dimanche 17 mars dernier, contre le camp militaire de Dioura, revendiquée par le JNIM où au moins 26 soldats ont péri. On se rappelle qu’au lendemain de l’attaque de Dioura, le Président IBK avait dit qu’il ne tolérerait plus ce qui à ses yeux était considéré comme une « négligence ». Raison pour laquelle au lendemain de la tuerie d’Ogossagou, le 23 mars, il n’avait pas hésité à changer le commandement militaire en remplaçant le chef d’Etat-major des Armées et celui de l’armée de Terre.

Reste maintenant à savoir quelle sera sa réaction après l’attaque du camp de Guiré survenue aujourd’hui. Une localité relevant de la région de Koulikoro qui reste toujours sans nouvelle du commandant de sa brigade de gendarmerie, Mamadou Diawara, enlevé depuis octobre 2017, alors qu’il était sur l’axe Nara-Mourdia. Sa dernière preuve de vie remonte au mois d’août 2018 où il apparaissait très affaibli dans une vidéo aux côtés du juge de Niono, Soungalo Koné et le préfet de Tenenkou, Makan Doumbia. Leurs ravisseurs qui seraient des éléments proches d’Amadou Koufa réclamaient leur libération en échange de celle de certains des leurs détenus dans des prisons maliennes. Si pour le juge de Niono, Soungalo Koné et le préfet de Tenenkou, Makan Doumbia leur sort est connu – la mort du premier confirmée pour raison de santé alors que le second a retrouvé la liberté en février dernier – tel n’est pas le cas pour le préfet de Guiré où c’est toujours l’incertitude, même si des sources avaient annoncé sa mort en captivité.