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Autorités intérimaires : les listes de plus en plus contestées par de nombreux bords

Par kibaru

La liste des membres devant être nommés pour les autorités intérimaires et les Collèges transitoires, validés en Conseil des Ministres extraordinaire, du vendredi 14 octobre dernier, ne seraient pas consensuelle. C’est du moins l’avis de plusieurs responsables de mouvements armés du Nord et même de certaines populations locales. Bien qu’elles soient une disposition phare de l’accord pour la paix et la réconciliation, la mise en place des autorités intérimaires risque d’être très compliquée.

Aussi bien au sein de la Plateforme que de la CMA, ces listes sont contestées. Certains les estiment non inclusives. Il faut noter que l’élaboration de ces listes, dans ces conditions, est, selon beaucoup d’observateurs, très surprenante. En ce sens qu’il n’y avait aucune urgence. D’ailleurs, en prélude à la prochaine session du Comité de suivi de l’accord prévue pour la fin de ce mois, la sous-commission chargée des questions politiques et institutionnelles s’est réunie hier lundi 17 octobre avait comme ordre du jour un seul point relatif à l’examen des listes proposées pour les autorités intérimaires et les collèges transitoires. Il nous est revenu qu’au cours de cette réunion, tout le monde était embarrassé par cette situation. Il a donc été convenu de reporter cette question à la prochaine session du Comité de suivi de l’accord qui doit se réunir du 19 au 20 octobre courant. Selon nos sources, même la Plateforme n’est pas unanime sur la liste proposée par ses éléments devant siéger au sein de ces structures.

En tout cas, ces groupes entendent bloquer le processus si leur exclusion se poursuit. C’est ainsi qu’ils se sont déclarés prêts à retirer leurs éléments devant participer aux patrouilles mixtes, à la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) au processus de DDR et d’intégration… Ils ont indiqué que rien ne pourra se faire dans les autres régions du Nord sans eux.

Pour eux, les listes présentées n’engagent donc pas toutes les autres régions du Nord. Certains ont profité de l’occasion pour affirmer que ce n’est pas la première fois que le processus est bloqué du fait de la mauvaise foi de certains groupes. Ils ont ainsi rappelé le blocage survenu dès la première réunion du Comité de suivi de l’accord, peu après la signature de l’accord par toutes les parties, dû au fait que certains responsables de groupes armés ne voulaient pas voir d’autres siéger au même titre qu’eux au sein de cette structure.

Ils ont déclaré avoir alerté la quasi-totalité des parties impliquées dans le processus de paix, dont le chef de file de la Médiation, l’Algérie, sur le danger du non-respect du principe de l’inclusivité prôné par l’accord. Outre le ministre de l’Administration territoriale, ils interpellent aussi le Haut représentant du Chef de l’Etat pour la mise en œuvre de l’accord qui a été le premier à recevoir les listes qualifiées de non consensuelles.

Par ailleurs, les populations locales aussi comme celle de Gao contestent les individus désignés dans ces listes. Pour elles, ces derniers ne les représentent pas. C’est ainsi qu’elles ont programmé de battre le pavé afin  que leurs doléances soient entendues. Il convient de rappeler que c’est cette même situation qui avait occasionné des manifestations meurtrières à Gao, le 12 juillet dernier, lorsqu’au moins trois personnes ont perdu la vie.