Bla (Ségou) : Un gendarme tué et un civil blessé suite à l’attaque d’un poste à péage

DDR : Un exercice de simulation pour activer le processus

Par kibaru

Le 3 avril 2017, la commission nationale de Désarment, Démobilisation et Réinsertion (CNDDR) et la commission d’intégration ont réalisé le tout premier exercice de simulation au Camp militaire du Génie de Bamako, sur instruction du ministre malien de la Défense et des anciens combattants. Y étaient présents, la Représentante Spéciale adjointe de la MINUSMA, Coordinatrice humanitaire et coordinatrice du système des Nations Unies au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe, ainsi que les représentants des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu d’Alger, dont le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), M. Alghabass Ag Intalla et M. Mohamed Almoudoud Ag Hamadade la Plateforme.

L’objectif de cet exercice était de permettre aux participants de se familiariser avec le déroulement du processus de Cantonnement - DDR - Intégration, en prélude à la phase pilote. Cette dernière concernera les éléments du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) de Gao et se tiendra au site de Cantonnement de Fafa, dans la région de Gao.

Une équipe pluridisciplinaire de la MINUSMA appuie le DDR

La MINUSMA soutient cet exercice et l’ensemble du processus, à travers une équipe pluridisciplinaire composée de civils, militaires et policiers onusien, dont la Force et la Police des Nations Unies (UNPOL), la section du Réforme du Secteur de la Sécurité- Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (RSS-DDR), la Division des droits de l’homme et de la Protection (DDHP), l’Unité VIH/SIDA, celles du Genre et de la Protection de l’enfant. D’autres partenaires humanitaires et agences des Nations Unies en font partie, tels que le Groupe de travail Inter-Agence de DDR, le Fonds des Nations Unies pour l’enfant (UNICEF), l’organisation des Nations Unies pour la Migration (OIM), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Service de lutte anti-mines des Nations (UNMAS).

La section RSS-DDR est chargée de coordonner l’appui de la Mission onusienne au processus cantonnement-DDR et intégration, en étroite collaboration avec la CNDDR et la Commission d’intégration. Cet appui multiforme (technique, financier, logistique) vise à faciliter la mise en œuvre de l’Accord de paix issu du processus d’Alger, selon ce qu’a fait savoir M. Ndiaga Diagne, chef de DDR à la MINUSMA.

 

Le Service de lutte anti-mines des Nations Unies (UNMAS) est aussi impliqué en amont dans le processus, en contribuant à la formation du personnel chargé de la mise en œuvre du DDR. UNMAS continuera d’assister sur le terrain dans la prise en charge et le stockage des armes et des munitions. « L’UNMAS apporte ses conseils et dispense de la formation pour que le processus se passe bien dans les lignes de désarmement. Au moment où les soldats déposeront leurs armes, on assistera dans la prise en charge et le stockage des armes et des munitions, avec les normes de sécurité nécessaires », a expliqué Michel Sébastien, responsable de l’UNMAS.

Dans le cadre de cette simulation, 16 tentes avaient été érigées sur la place d’armes de la Base militaire du Génie, dont 12 représentaient les différentes étapes à franchir par un ex-combattant dans le cadre du processus DDR. A noter qu’une dizaine de jeunes soldats maliens ont joué avec enthousiasme le rôle d’ex-combattants. « La première chose est le contrôle sécuritaire minutieux avant même que l’élément n’accède à la réception », a fait remarquer le président de la Commission Nationale de DDR (CN-DDR), Zahabi Ould Sidi Mohamed, également.

Après l’accueil sur le site, chaque ex-combattant sera dirigé successivement vers la réception, la zone du désarmement, la salle d’enregistrement biométrique avec prise d’empreinte digitale et attribution d’une carte, puis à l’atelier de tests militaires élémentaires. Ensuite, il passera une visite médicale, ira au service d’information, de conseils et d’orientation, suivi d’un entretien avec la cellule de prise en charge psycho-social, avant de participer à des séances de formation et de sensibilisation. Un autre aspect important est celui de la vérification de la nationalité et de l’entretien individuel avec l’équipe conjointe des droits de l’homme. C’est après avoir franchi ses différentes étapes qu’il sera intégré « s’il satisfait aux critères d’intégration émis par la Commission d’Intégration, ou réinséré socio économiquement, à travers un des projets du programme national DDR », a ajouté le président de la Commission d’Intégration, le Général de Division Gabriel Koudougou.

Il existe également un espace logistique où seront remis tous les accessoires nécessaires pour le séjour des ex-combattants sur le site de cantonnement, ainsi qu’un certificat de démobilisation et le filet de sécurité, au moment de leur sortie du site. Tenant compte des principes de droit international humanitaire, des questions de genre et de la protection de l’enfant, les enfants et les femmes combattantes seront abrités dans des zones de vie séparées de celles des hommes. Une clause qui figure déjà sur le document du « Mode opératoire du cantonnement », dûment signé par toutes les parties concernées.

La MINUSMA salue les avancées dans le processus

La Représentante spéciale adjointe de la MINUSMA, à la fois Coordinatrice humanitaire et coordinatrice du système des Nations Unies au Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe, a salué la synergie d’action entre la partie malienne et les groupes signataires de l’Accord pour la paix. « Le planning est fait, les ressources sont disponibles et la MINUSMA accompagne pleinement le processus. Nous nous réjouissons que toutes les parties soient présentes pour analyser ce qui va se passer sur le terrain, avec leur approbation suite à cet exercice », a-t-elle indiqué. Par ailleurs, Mme Gasarabwe a invité tous les acteurs à veiller à la stricte application des principes des droits de l’homme et du droit international humanitaire, en particulier envers les femmes et les enfants.

Du côté de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), l’engagement est pris d’informer leurs membres des étapes comprises dans le processus. « Cet exercice évitera les mauvaises surprises sur le terrain afin que tous soient aptes à le conduire. Au retour du président de la CMA dans nos différentes bases, il informera tous les éléments sur le processus », a expliqué le porte-parole de la CMA. Celui-ci a aussi invité les combattants à s’impliquer dans le processus avec un sens élevé de responsabilité pour que l’Accord de paix que nous avons signé se mette en œuvre de la façon la plus paisible possible.

« Il y a beaucoup d’espoir et d’avancées, surtout au niveau du DDR et de la Réforme de la Sécurité », comme l’a souligné Mme Gasarabwe. Selon le président de la CNDDR, la MINUSMA fournit un appui logistique et technique dans la mise en œuvre du DDR et a mis à la disposition de l’Etat malien toutes les ressources pour rendre effective la phase pilote sur le site de cantonnement à Fafa, dans deux semaines.